Un an d’inaction selon l’Organisation populaire des droits sociaux

Par Yanick Michaud
Un an d’inaction selon l’Organisation populaire des droits sociaux
Pour des personnes souffrant de pauvreté ou d’insécurité alimentaire, la pandémie n’aide vraiment pas. Selon eux, le gouvernement non plus n’est pas d’une grande aide. (Photo : Yanick Michaud)

L’Organisation populaire des droits sociaux croit que le gouvernement n’en fait pas assez pour aider les personnes à faible revenus.

« Un an est passé depuis le début de la crise sociosanitaire. Et aucune action n’a été portée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, pour réellement venir en aide aux personnes assistées sociales. Ceux qui vivent durement les conséquences de la pandémie », juge Denise Deschambault, responsable de l’Organisation.

L’augmentation du coût des denrées de base, ainsi que l’isolement social grandissant et ses effets sur la santé mentale, affectent de manière disproportionnée les personnes assistées sociales. À cette liste de problématiques s’ajoute la perte de revenus d’appoint et d’accès aux organismes communautaires et aux services publics.

« Le ministre Boulet semble peut-être proactif et même débordé par ses projets entourant l’emploi, comme c’est le cas avec la modernisation du régime de santé et sécurité au travail. Toutefois, il reste les bras croisés devant les graves conséquences de la crise sur les personnes en situation de pauvreté et échoue complètement à s’acquitter de son rôle de ministre responsable de la Solidarité sociale », croit-elle. Les différentes mesures prises par le gouvernement ont même parfois plutôt eu comme conséquence de s’attaquer aux plus vulnérables, selon Denise Deschambault. Comme on a pu le voir avec les personnes itinérantes recevant des contraventions pour non-respect du couvre-feu. »

Pourtant on fait pression

Depuis le début de cette pandémie, les groupes de défense des droits sociaux font pression sur le ministre pour que de réelles mesures soient prises. Afin de venir en aide aux personnes qui reçoivent l’aide de dernier recours. « Or, le ministre demeure insensible à nos revendications. Nous demandons depuis longtemps que le ministre hausse l’aide financière de dernier recours et accorde le montant maximum à l’ensemble des prestataires, en plus d’augmenter le crédit d’impôt pour solidarité. Le ministre devrait avoir honte de maintenir les prestations à des montants qui correspondent à aussi peu que 49 % de la Mesure du panier de consommation, d’autant plus en temps de crise », juge la coordonnatrice de l’OPDS.

Elle conclut en réitérant sa demande au ministre de suspendre temporairement la limite des biens et avoirs liquides permettant d’avoir accès à l’aide financière de dernier recours. « En mettant en place un programme d’aide financière d’urgence. Cela pour éviter que les chômeurs pandémiques ayant épuisé l’aide fédérale n’aient à vendre tout ce qu’ils possèdent s’ils ne se trouvent pas d’emploi. »

Ne pas avoir à rembourser

Une autre demande est effectuée au chapitre de remboursement des prestations. « Finalement, nous demandons au ministre de promettre publiquement que les personnes ayant touché la prestation canadienne d’urgence (PCU) et l’aide de dernier recours simultanément n’auront pas à rembourser les deux montants. Mais seulement celui auquel elles n’avaient pas droit. Demander à une personne en situation d’extrême pauvreté de rembourser un montant d’aide sociale, alors qu’elle doit ou devra aussi rembourser la PCU, nous paraît complètement sans-cœur. »

Les responsables espèrent que le ministre arrêtera de se mettre la tête dans le sable et remplira enfin son mandat de responsable de la Solidarité sociale en levant toute menace d’une double réclamation de la PCU. « Nous espérons aussi qu’une aide financière directe et substantielle aux personnes assistées sociales se retrouvera dans la prochaine mise à jour budgétaire. En attendant, des personnes ont faim et souffrent à cause de choix politiques qui font violence aux personnes en situation de pauvreté », conclut Denise Deschambault de l’Organisation populaire des droits sociaux.

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