Travailler pour attirer la main-d’œuvre en santé

Par Yanick Michaud
Travailler pour attirer la main-d’œuvre en santé
Richard Cloutier est constamment en recherche de solutions et en contact avec l’équipe qui se retrouve de plus en plus présente dans les salons et foires d’emplois. « Nous voulons attirer les gens chez nous et stabiliser afin d’avoir un excellent taux de rétention. » (Photo : Photo Journal Saint-François - Collaboration)

Directeur des ressources humaines au CISSSMO et œuvrant dans le réseau depuis plus de trois décennies, Richard Cloutier est bien au fait de la pénurie de travailleurs dans le système de santé.

« C’est notre actuel défi. La main d’œuvre et cette pénurie que nous vivons. Le dossier est connu depuis un moment, mais c’est encore plus intense depuis un an et demi. Et ça touche l’ensemble du réseau », dévoile Richard Cloutier.

Il ajoute toutefois que les dirigeants sont proactifs afin de trouver des solutions viables à ce problème majeur. « Nous avons déjà commencé à travailler avec nos partenaires pour voir comment nous pouvons dénicher une nouvelle main d’œuvre. Nous regardons du côté de l’immigration. Nous essayons de recruter à l’international. Nous comptons d’ailleurs sur cinq infirmières françaises qui sont fraîchement arrivées chez nous. Mais nous explorons aussi des marchés qui étaient moins présents, comme les commissions scolaires anglophones par exemple », explique le directeur qui s’engage en travaillant auprès de ses employés.

 Des étudiantes convoitées

Des démarches sont actuellement faites auprès des commissions scolaires, mais aussi des centres de formation professionnelle, et des collèges afin d’accélérer le processus. « Nous déployons des recruteurs dans les écoles afin de rencontrer des jeunes dès le secondaire 3, pour leur parler du métier et leur donner le goût. Nous travaillons avec des conseillères en orientation, mais aussi avec les CFP qui éprouvaient des problèmes à combler les places dans les cohortes. Nous référons des jeunes. Nous les aidons dans le recrutement », lance Richard Cloutier qui compte désormais plus de membres dans son équipe de terrain pour faire avancer les choses plus rondement. Une équipe bonifiée, comptant des chasseurs de têtes. « Dès que nous recevons un CV, nous passons à travers et nous le classons selon le potentiel, que ce soit pour une préposée aux bénéficiaires, une infirmière ou une infirmière auxiliaire. Nous dépistons les potentiels. Et dès qu’il y a des besoins, nous relançons ces gens », dit-il.

Les écoles sont ainsi mieux outillées pour analyser les demandes et intégrer les étudiants dans les cohortes adéquates.

D’ailleurs, l’opération séduction du CISSSMO en collaboration avec la Commission scolaire de la Vallée-des-Tisserands a porté ses fruits alors qu’une vingtaine de jeunes femmes ont intégré une cohorte l’automne dernier afin de devenir préposées.

Chercher et fidéliser

« Nous recherchons des gens au profil intéressant et nous faisons une approche personnalisée. Nous allons d’ailleurs déployer une grande campagne de recrutement sous peu. Nous voulons faire valoir les points intéressants de la profession. Les avantages, l’attrait. Les conditions sont belles, les fonds de pension, les assurances collectives. Il y a plein d’éléments à considérer et à mettre dans la balance », indique Geneviève Boileau, Chef du Service des communications internes et externes au CISSSMO. Elle indique également qu’à la fin de cette année, 1500 embauches auront été faites en soins infirmiers, chez les auxiliaires et les préposées aux bénéficiaires.

« Ça demeure un défi dans un contexte de plein emploi, mais nous devons démontrer nos éléments attractifs et compter sur la réputation du réseau. Les gens font un travail extraordinaire », dévoile Richard Cloutier, admettant du même souffle que l’enjeu salarial demeure. « Il y a des réflexions à faire là-dessus. Nous devons regarder dans le contexte si nous reconnaissons les métiers à leurs justes valeurs », conclut-il.

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