Souvenirs de guerre et de pandémie

Par Mario Pitre
Souvenirs de guerre et de pandémie
Vétéran de la Légion 62 Valleyfield photographié lors de la cérémonie du Souvenir. (Photo : Archives Pierre Langevin)

Le Jour du Souvenir est souligné aujourd’hui, le 11 novembre, en hommage à tous ceux et celles qui ont défendu le pays lors de différents conflits mondiaux. Ces moments de crise sont-ils comparables au contexte de pandémie que l’on vit en 2020 ?

En fait, il demeure de moins en moins de gens témoins de ces différentes époques de grande intensité pour en tracer un parallèle. Ici au Québec, les années de guerre ont été marquées par le rationnement des vivres, les couvre-feux, par la crainte d’apprendre que notre père, qu’un de nos frères ou un voisin ait perdu la vue au combat, sur une terre éloignée. Ou encore qu’il revienne au pays amputé d’un membre, voire marqué à jamais par l’horreur des champs de bataille.

Mais le stress vécu durant ces années découlait aussi, dans une certaine mesure, du chaos observé à l’échelle internationale, des villes détruites, des millions de morts, des populations persécutées et de toute cette énergie engagée dans un exercice de destruction mutuelle.

Malgré tout, l’effort de guerre était un concept auquel adhérait la majorité de la population avec une certaine résilience, guidée par la foi catholique.

Quelque 60 années plus tard, la pandémie de COVID-19 frappe la planète, comme jamais un virus n’avait frappé depuis la grippe espagnole de 1918. Des mesures de confinement sont mises en place à divers degrés dans différents pays et entraînent des effets différents, car le monde d’aujourd’hui est devenu beaucoup plus complexe; et la population beaucoup plus nombreuse.

Ces mesures affectent l’activité économique, limitent les contacts humains avec nos proches, nos amis, entraînent l’isolement chez plusieurs personnes et, nécessairement, fragilisent la santé mentale, exacerbent la méfiance, l’anxiété. Dans une société devenue beaucoup individualiste, chacun y voit sa solution comme la meilleure, la manifeste sur les réseaux sociaux, au mépris des directives édictées par la science.

S’il y a une comparaison à faire entre ces deux époques marquantes de l’Histoire, elle se situe dans la difficulté que nous avons à établir et observer des objectifs communs. C’est le cas ici au Québec et encore davantage chez nos voisins du sud, à voir les résultats des récentes élections.

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