Linda Strasbourg coupable de voie de fait armée

Par Yanick Michaud
Linda Strasbourg coupable de voie de fait armée
Linda Strasbourg a été reconnue coupable de voie de fait armée. Le 5 septembre, les policiers de la Sûreté du Québec ont été tenus en haleine pendant trois heures par Linda Strasbourg. (Photo : Photo Gaétan Prégent)

Linda Strasbourg qui avait menacé d’une arme factice la caissière du Dépanneur Académie le 5 septembre a été reconnue coupable de voie de fait armée.

La juge Marie-Chantal Doucet a reconnu hors de tout doute que le fait de pointer une arme, qu’elle soit un jouet ou une vraie arme, constitue une voie de fait. « Le geste a été fait dans le but de faire craindre. Il n’y a pas besoin de toucher pour constituer une voie de fait. Vous êtes coupable », a prononcé la juge à l’issue du procès qui s’est déroulé moins de deux mois après les faits.

La dame qui compte 26 pages d’antécédents criminels dans son dossier s’est effondrée en larmes. « C’était une blague que je voulais faire. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. Je suis retombée en enfance. C’est un fusil de plastique que j’ai acheté au magasin à une piastre. Il ne fait pas prendre ça au sérieux », avait dit la dame, plus tôt dans la journée.

Des faits compromettants et un vidéo éclairant

Pourtant, dans un vidéo de surveillance ayant capté les faits, on voit Strasbourg pointer l’arme devant le visage de Ginette Leboeuf, l’employée du Dépanneur. « Elle est venue acheter un six-pack. Puis elle faisait déjà du trouble. Elle était intoxiquée. Elle est partie et je voulais la barrer du dépanneur. Enfin, elle est revenue 15 minutes plus tard pour racheter d’autres cannettes de bière. Et c’est là qu’elle a pointé l’arme sur moi », dit la victime qui a alors avisé son patron.

Celui-ci a visionné la bande enregistrée et a alerté les policiers.

Un siège de plus de trois heures

On rappelle que cette journée-là, 17 voitures de police entouraient à un certain moment le secteur où réside la suspecte. « Ils m’ont appelé et m’ont demandé de sortir. J’ai regardé dehors et j’avais des fusils pointés sur moi. J’ai eu peur », a dit Strasbourg.

Questionnée par la procureure, Mylène Brown, elle n’a pas voulu admettre qu’elle pouvait avoir fait peur à la caissière avec sa propre arme. « C’est un jouet. Je l’ai acheté pour mes petits-enfants. Pow Pow, ils s’amusent avec ça », a-t-elle répété à de nombreuses reprises dans un témoignage décousu. « Je lui ai dit de ne pas prendre ça au sérieux. Je faisais une blague. »

Néanmoins, la juge Doucet a également prononcé un verdict de culpabilité sur le chef de harcèlement criminel. « Ça ne s’est pas fait dans un contexte amical. Ou de jeu. Il n’y avait pas de blagues », a admis la magistrate.

Cependant, à l’issue des recommandations de l’avocat de Strasbourg, Guy Lalonde, la juge Doucet a acquitté la dame sur le chef d’avoir utilisé une arme dans le but de perpétrer une infraction. « Ça n’a pas été démontré. On utilise un objet à l’occasion de la perpétration d’un crime pour des vols, de la séquestration. Mais ici, je ne vois pas la preuve. Je ne vois pas qu’elle voulait perpétrer l’infraction, même si elle l’a fait », a conclu la juge.

Elle rendra sa sentence le 3 décembre. Son avocat Guy Lalonde a demandé la préparation d’un rapport pré-sentenciel. « C’est certain qu’il y a une problématique de consommation. Mais envoyer quelqu’un en dedans pour l’envoyer en dedans. Ce n’est peut-être pas la solution », a-t-il lancé.

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