L’été de tous les défis pour les agriculteurs de la Montérégie

L’été de tous les défis pour les agriculteurs de la Montérégie
(Photo : Steve Martin - Initiative de journalisme local - La Relève)

Si, ces dernières années, les fortes précipitations printanières ont causé des maux de tête à plusieurs agriculteurs de la région, la saison des récoltes 2020 pourrait bien apporter elle aussi son lot de difficultés. Sécheresse et pénurie de main-d’œuvre ont en effet rendu ardu le travail de ceux qui exploitent leurs champs afin que nous ayons fruits, légumes et céréales sur nos tables et dans nos garde-manger.

«C’est un été difficile, admet Ginette Blondin, propriétaire unique d’une entreprise agricole de Verchères spécialisée dans la production de grandes cultures, de maïs-grain et de soya et présidente depuis 2014 du Syndicat de l’UPA de Marguerite-d’Youville-Longueuil. C’est certains que si nous comparons avec l’an dernier, nous avions eu un printemps froid et beaucoup d’eau. Cette année, ç’a bien commencé parce que les sols étaient relativement secs pour pratiquer les semences. Le problème, c’est que la sécheresse s’est prolongée.»

Selon Mme Blondin, les pertes seront d’ailleurs importantes dans les champs au cours des prochains mois.

«Il va y avoir du dommage au niveau des cultures, mais également pour ceux qui font de la production laitière. La première coupe de foin n’a pas la qualité qu’ils espéraient et ils doutaient même qu’ils allaient avoir une seconde coupe en raison de la sécheresse. Le climat que nous connaissons présentement est aussi dommageable que les pluies excessives de l’an dernier.»

Main-d’œuvre saisonnière

L’arrivée de la COVID-19 a également porté un coup dur à un certain nombre de maraîchers qui ont été privés d’une partie de leur main-d’œuvre saisonnière.

«Ceux qui ont des fermes familiales n’engagent pas beaucoup et ils se côtoient déjà. C’est surtout dans les fermes où il y a de la culture maraîchère que ç’a eu un impact.  Plusieurs ont dû réduire leur culture pour être certains de ne pas essuyer trop de pertes.»

La fermeture de restaurants a également fait mal en privant les agriculteurs de nombre de leurs acheteurs habituels.

Du côté des travailleurs étrangers, qui sont plus de 12 000 habituellement à venir nous prêter main-forte pour la cueillette, il semble que certains agriculteurs, qui ont pu retrouver leurs employés habituels, ont eu plus de chances que d’autres qui ont été privés de cette aide providentielle et nécessaire.

«Il y a quand même eu des jumelages, ajoute Mme Blondin. Des gens se sont proposés pour aller aider d’autres agriculteurs.»

Une aide nécessaire

On peut donc anticiper qu’au terme de la prochaine saison des récoltes, de nombreux agriculteurs auront besoin de l’aide gouvernementale afin de poursuivre leurs opérations et entreprendre la prochaine année avec optimisme.

«Il va y avoir des démarches à faire, croit l’agricultrice. On peut anticiper de grandes pertes et certains vont avoir de la difficulté. Je ne peux pas vous dire sous quelle forme ça va se présenter, mais nous allons définitivement avoir besoin de programmes de soutien afin de compenser le manque. Plusieurs agriculteurs m’ont dit qu’ils allaient perdre au moins cent mille dollars, mais ça sera peut-être le double. On ne le saura pas avant la fin de la saison.»

Texte de Steve Martin – Initiative de journalisme local – La Relève

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