Les centres de traitement des dépendances en péril

Par Steve Sauvé
Les centres de traitement des dépendances en péril
Cinthia Bourque

Les nouvelles coupes à l’aide sociale mises en place par Québec ont un impact sérieux au sein des centres de traitement des dépendances comme le centre sur l’Autre Rive de Salaberry-de-Valleyfield.

Membre de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance, le centre sur l’Autre Rive vit ce changement de façon drastique, comme tous les autres centres du genre, selon Cinthia Bourque, directrice générale de l’endroit.

«Depuis le 1er mai, nos résidents en thérapie vivant de l’aide sociale ont vu leur prestation passer de 747 $ à 200 $ par mois. On ne se le cachera pas, 80 % de notre clientèle est bénéficiaire de l’aide sociale. Comment voulez-vous qu’ils paient leur logement et le peu d’acquis qu’ils ont ?», interroge la directrice.

Devant la nouvelle mesure, plusieurs résidents des centres de traitement des dépendances préfèrent ne pas entamer la cure même si les démarches sont faites. Pire, certains bénéficiaires quittent, comme le démontrent les 168 personnes qui ont mis fin à leur thérapie prématurément depuis le 1er mai dans l’ensemble des centres membres de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance.

«Ça n’a aucun sens. Le gouvernement tape toujours sur les mêmes. C’est facile pour Québec de s’en prendre à notre clientèle, car elle ne subventionne aucun parti politique. Ce sont des gens vulnérables et on ne fait rien pour les aider», s’indigne Mme Bourque.

Lorsqu’une personne bénéficiaire de l’aide sociale est hospitalisée, elle reçoit 100 % de ses prestations les premiers 90 jours. Cela fait réfléchir la directrice. «L’alcoolisme et la toxicomanie sont des maladies. Les gens qui entrent dans les centres sont des gens malades. Donc, ils devraient avoir le droit au moins au même traitement. Maintenant, comment fera-t-on pour le volet de réinsertion sociale?»

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des