Les canards précieux de Réal Boyer

Par Yanick Michaud
Les canards précieux de Réal Boyer
Entouré par les œuvres qu’il a vu surgir de ses mains au cours des quarante dernières années, Réal Boyer compte sur une collection de plus de 200 canards de bois. (Photo : Photo Journal Saint-François - Pierre Langevin)

Sa passion de sculpter des canards en bois a pris son envol à l’aube de sa retraite. Il y a une quarantaine d’années.

C’est que Réal Boyer a 97 ans. Et aujourd’hui il raconte à quel point il aime ses volatiles qu’il a fabriqués de ses propres mains. « Je suis un amateur de chasse et j’ai toujours aimé la nature. Les animaux. J’ai été rencontré un gars qui en sculptaient déjà. Je lui ai dit, passe moi deux canards. Je vais essayer de voir comment tu fais. J’aimerais ça faire comme toi. Quand je suis retourné le voir avec mon premier canard, il m’a dit que l’élève avait dépassé le maître. Il a ajouté qu’il n’avait rien à m’apprendre », raconte en rigolant le touche-à-tout, retraité de chez Hydro-Québec.

Il affirme être bon pour copier ce qu’il voit. « Je cours les encans et j’achète de petits modèles de canards. Et je les reproduis en plus gros », ajoute Réal Boyer qui regrette maintenant de pouvoir pratiquer de moins en moins son loisir. Ses mains tremblent et les résultats ne sont plus aussi satisfaisants qu’à l’époque. « Je ne peux plus faire les plumes comme il faut », mentionne celui qui mettait des jours et des semaines à compléter ses plus beaux exemplaires.

Plus de 200 canards

Si certains ressemblent à des appelants, Réal Boyer s’est fait un plaisir de reproduire des oiseaux en vol. « J’ai fait des aigles, des martins-pêcheurs. Je ne me suis pas limité. Et je suis fier de tout ce que j’ai fait. J’ai conservé tous mes canards. J’en ai plus de 200. Certains m’ont fait des offres. Mais je ne peux pas m’en départir. Et surtout ça n’a pas de prix. C’est une collection, je ne peux en vendre », explique l’homme qui déambule à l’aide d’une canne, qu’il a évidemment sculptée.

Une seule chose le dérange encore aujourd’hui. « Un ami, un bon ami, est venu me voir un jour. Il m’a emprunté deux canards. Je pensais qu’ils les voulaient comme modèle. Il ne les a jamais ramenés. J’y pense toujours », déplore l’homme qui a donné des milliers de coups de couteau, de brûleur sur chacun de ses volatiles.

Agile de ses mains

Réal Boyer utilise du bois de vinaigrier ou du bouleau blanc de Saint-Anicet pour créer ses œuvres. « Avec le bois de vinaigrier, c’est rare de voir des canards. Il faut coller des dizaines de petites branches. J’en fais un bloc et je fais mon canard », affirme celui qui se targue de ne pas voir de joints ne de colle sur ses canards de bois. « Il n’y a rien de taché ou de collé. J’avais de bonnes serres. Tout est en bon état. On ne voit pas de craque », dit l’homme à la patience légendaire. Il fabriquait ses canards pour passer le temps.

Aujourd’hui, il admire le fruit de son dur labeur. Et pas question d’en faire l’étal sur Internet. Sur Facebook. « Je ne connais rien à ça. Je n’ai même pas de cellulaire. Je ne suis pas capable de runner ça. À la place, j’ai un téléphone par appartement », affirme-t-il dans le sous-sol de sa coquette maison remplie de ses oiseaux adorés.

S’il ne touche pas à l’informatique, Réal Boyer peut toutefois se targuer d’être agile de ses mains. Il a lui-même confectionné les boîtes électriques lui servant à alimenter ses couteaux brûleurs. « Ceux qu’ils vendent, ça ne dure pas. Ça chauffe. Moi je passais des heures à sculpter et ça marchait », conclut l’homme aux yeux brillants.

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