Les boomers pour contrer la pénurie de main-d’œuvre

Les boomers pour contrer la pénurie de main-d’œuvre
L'économiste Pierre Fortin a parlé du potentiel inestimable des travailleurs de 55 ans et plus sur le marché du travail. (Photo : (Photo Journal Saint-François - E.T.))

OK Boomer, a-t-on entendu récemment de la part de la jeune génération. Pourtant, les personnes âgées de 55 ans et plus représenteraient des travailleurs de qualité afin de contrecarrer la pénurie de main-d’œuvre dans laquelle la région est plongée.

Tel est le constat du Forum du travail – Misons sur les 50 ans et plus, qui a réuni plus de 85 participants à l’Hôtel Plaza mardi.

Pour Pierre Fortin, économiste émérite de l’UQÀM, le Québec doit constater les avantages de ces travailleurs expérimentés. «Depuis deux ans, on vit une explosion d’embauches de jeunes qui n’ont pas encore leur diplôme, a-t-il indiqué. Il faut sensibiliser les entreprises parce que ça va devenir un nique à décrochage. Les travailleurs plus âgés doivent agir comme mentor. »

Il a même lancé que l’avenir du Québec était dans les gens de 55 ans et plus. Une main d’œuvre qualifié, expérimenté et qui, contrairement à un mythe, à une capacité d’adaptation élevée. «Les Japonais ont connu un baby-boom 15 ans avant nous, ajoute-t-il. On aurait 10 ans de croissance économique d’avance si on avait suivi leur façon de faire. »

L’économiste a également rappelé que le travail et la santé étaient souvent reliés. «Avant, les gens travaillaient entre 15 et 65 ans et mourraient à 70 ans, image-t-il. Désormais, ils travaillent entre 20 et 60 ans, mais vivent jusqu’à 85 ans. Au bout de six mois de retraite, ils se rendent compte qu’ils manquent d’argent ou sont tannés de tourner en rond autour de la table de cuisine. »

Cependant, un ajustement au régime de rente du Québec serait nécessaire à son avis pour favoriser les ainés au travail. Comme un crédit d’impôt remboursable pour les petits revenus.  Plus tard, Alexandre Gagnon, de la Fédération des Chambres de commerce du Québec en a ajouté sur les conditions gagnantes pour retenir les travailleurs expérimentés.

Recrutement teinté d’âgisme

Le forum Marché du travail – Misons sur les 50 ans et plus a réuni plus de 85 participants mardi à l’Hôtel Plaza.

Statistique Canada a récemment relevé que les gens de 55 ans et plus sont une fois et demie plus longtemps au chômage que les 54 ans et moins. «Les chercheurs d’emplois de 50 ans et plus rencontrent des obstacles, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de leurs expériences et le transfert de leurs compétences à un autre secteur où il désire s’investir après une réorientation», a indiqué Denis Thibault, directeur général de Vision Travail.

Pourtant, avec 26 000 emplois disponibles en Montérégie, les employeurs ne devraient pas sous-estimer le potentiel de cette génération.

«Nous sommes pleinement concernés par la pénurie de main-d’œuvre, a signalé Miguel Lemieux, maire de Valleyfield. On a inversé la tendance et les années plates sont derrière nous. Nous sommes en période de croissance sans précédent. Mais ça vient avec le problème de la rareté de la main-d’œuvre. C’est devenu d’ailleurs la première question posée par des investisseurs potentiels. » Il n’a pas caché que de mieux utiliser les travailleurs de 50 ans et plus pourrait être vraiment utile à la Ville.

L’événement du 26 novembre était organisé par Générations au travail – réussir ensemble, l’Association québécoise de la gérontologie, en partenariat avec Vision Travail, Développement Vaudreuil-Soulanges, la Mutuelle d’attraction, la Chambre de commerce et d’industrie de Beauharnois, Valleyfield et du Haut-Saint-Laurent, la SADC du Suroît-Sud et le CLD Beauharnois-Salaberry.

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