Le soir où le Québec a dit son 2e non

Par Mario Pitre
Le soir où le Québec a dit son 2e non
(Photo : Photo Journal Saint-François M.P.)

Ce vendredi 30 octobre marquera le 25e anniversaire du référendum de 1995, un événement qui, comme pour plusieurs journalistes en fonction ce soir-là, évoque de vibrants souvenirs.

Veux, veux pas, ce 25e anniversaire vient nous rappeler qu’il s’est passé beaucoup de choses depuis ce temps. Bref, on ne rajeunit pas, mais ça fait partie de la vie.

Mon souvenir de ce référendum sur la souveraineté du Québec remonte au temps où j’étais journaliste à la radio locale de CKOD, alors détenue par mon ami Jean-Pierre Major, qui a fondé par la suite Info-Suroît. Pour sa part, la radio locale a changé de mains pour devenir aujourd’hui Max 103, copropriété de Yves Trottier, qui lui était morning man il y a 25 ans.

C’était aussi l’époque où on comptait deux journaux locaux, Le Soleil et Le Saint-François, qui ne font maintenant plus qu’un depuis 2012. Le temps passe… et vous chers lecteurs, que faisiez-vous à cette époque ?

Le 30 octobre 1995, j’avais couvert le dévoilement des résultats de ce référendum, un scrutin différent d’une simple élection car l’enjeu résidait dans la création d’un pays et la séparation d’un autre, selon les points de vue. La tension était palpable, avec un taux de participation de 93,25%, du jamais vu. J’avais dû me rendre à la fois dans le camp du Oui dans un immeuble de la rue Hébert qui aujourd’hui fait la vente de quadriporteurs , puis dans le camp du Non, dans un petit local de la rue Léger.

Le Oui avait obtenu une majorité dans l’ancien comté de Salaberry-Soulanges, alors représenté par le péquiste Serge Deslières, avec un score de 56% des votes. Par contre, à l’échelle nationale, le Non l’avait remporté avec 50,58% du vote. Bref, les réactions étaient plutôt divisées et le dévoilement en dents de scie avait contribué à surchauffer les humeurs.

En début de soirée, le Oui avait une longueur d’avance. Malgré l’enthousiasme des souverainistes, je me souviens que mon ami Yvan Bélanger, alors adjoint du député bloquiste Laurent Lavigne, m’avais communiqué son inquiétude, dans l’attente des résultats notamment pour les régions de Québec, Montréal et l’Outaouais. L’histoire lui a donné raison.

Même dans le camp du Non, les ex-députés Jean-Guy Hudon et Gérald Laniel étaient heureux des résultats, sans toutefois pavoiser, sachant que rien n’était réglé pour autant.

Une semaine plus tard, les Campivallensiens, excluant ceux de Grande-Ile et Saint-Timothée, étaient aussi conviés aux urnes, pour finalement élire le maire Denis Lapointe, en route pour 22 années à ce poste.

Le temps passe. Ah oui, en passant, le 30 octobre sera aussi l’anniversaire de mon frère Guy. Lui aussi ne rajeunit pas…

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