Le récit d’une policière qui a dû s’improviser sage-femme

Par Mario Pitre
Le récit d’une policière qui a dû s’improviser sage-femme
Sarah-Jane Martineau a vécu une expérience de travail un peu inhabituelle dans la nuit du 17 au 18 février. (Photo : Journal Saint-François Denis Germain)

De son propre aveu, l’agente Sarah-Jane Martineau ne s’attendait pas à procéder à un accouchement lors d’une intervention survenue dans la nuit du 17 au 18 février en bordure de l’autoroute 30 à Salaberry-de-Valleyfield.

Alors qu’elle et son collègue Michaël Cuerrier étaient en patrouille pour se diriger vers le secteur de Sainte-Martine, ils ont été interpellés vers 4h30 par une voiture dont les clignotants étaient en fonction, sur l’accotement de la 30 Est, à la hauteur de la sortie pour la 530.

Le duo de patrouilleurs a donc entrepris de s’approcher pour s’enquérir de la situation. « Une fois rendu à proximité de la voiture, j’ai aperçu la dame qui était à genou devant le siège du passager, alors que son mari m’informait qu’il était en train d’appeler le 9-1-1 car sa femme était sur le point d’accoucher », raconte la policière du poste de Beauharnois-Salaberry.

Aussitôt, un contact a été établi avec le centre d’appel pour s’assurer d’avoir l’assistance des ambulanciers. Mais dans les 7 ou 8 minutes d’intervalle, il incombait à l’agente Martineau de prévoir le pire… ou le mieux, selon le point de vue. Le thermomètre indiquait alors un froid de moins 17 degrés.

Conditions difficiles

« Les conditions n’étaient pas idéales. Il faisait froid, je n’avais qu’une seule lampe de poche pour m’éclairer et peu d’espace de manœuvre », note-t-elle. Le couple âgé de 29 ans avait quitté son domicile depuis une trentaine de minutes et se dirigeait vers l’Hôpital Anna-Laberge, à Châteauguay.

Les agents Sarah-Jane Martineau et Michaël Cuerrier ont travaillé en équipe pour venir en aide à une jeune maman en plein travail. (Photo Journal Saint-François Denis Germain)

« J’ai mis mes gants de protection, je me suis mise à genoux à l’extérieur du véhicule, la porte ouverte du côté passager, le chauffage dans le tapis, pendant que Michaël s’est occupé de trouver des couvertures. J’ai réussi à entourer la jambe de la maman avec mes deux mains, alors que la tête du bébé se pointait », poursuit la jeune femme.

« Au bout de 5 à 10 minutes – je ne me souviens pas au juste – j’ai senti la tête du bébé dans ma main puis le corps est sorti complètement. Je pouvais le tenir dans mes bras. J’ai été en mesure d’enlever le cordon ombilical de ses épaules en faisant bien attention de ne pas l’échapper, puis on a compris qu’il était bien en santé lorsqu’on l’a entendu pleurer. »

Travail d’équipe

La policière signale le grand calme manifesté par la mère et le père de l’enfant, tout au long de l’intervention. « Ils étaient en contrôle de la situation, c’est eux qu’il faut féliciter dans tout cela. »

Dans l’instant qui suivait, deux ambulanciers de la CETAM arrivaient en assistance pour prendre la petite famille en charge. « Les ambulanciers nous ont très bien guidés pour compléter le travail », assure l’agente.

L’un de ceux-ci, Marc-Antoine Chatel, en était à une 3e intervention semblable en carrière, a-t-il partagé sur les réseaux sociaux.

Les parents et leur poupon ont finalement été conduits à l’Hôpital Anna-Laberge, où ils ont été suivis par l’équipe du département des naissances.

Ce n’est que plus tard que les policiers apprenaient qu’ils avaient contribué à la naissance d’une petite fille en pleine santé.

Expérience unique

Pour la jeune policière Sarah-Jane Martineau, cette intervention s’est avérée « une super belle expérience, dit-elle. Le travail des policiers a ceci de particulier, c’est que souvent les gens ne sont pas contents de nous voir. Mais dans de telles circonstances, c’était tout le contraire, les gens étaient bien heureux qu’on soit là pour leur venir en aide. »

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