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Le cœur de l’étoile

jeudi le 19 mai 2022
Modifié à 15 h 02 min le 18 mai 2022
Par Eric Tremblay

etremblay@gravitemedia.com

Chaque journée à l’Hôpital du Suroît est différente et apporte son lot de défis pour les préposés aux bénéficiaires comme Dina Wattier-Fernandes. (Photo Journal Saint-François - E.T.)

Ils sont les yeux et les oreilles de leur département. Au milieu du corps médical, de la famille, mais surtout de leurs patients. À travers l’étoile aux multiples branches, les préposés aux bénéficiaires se retrouvent au centre. Ils offrent des services indispensables pour faciliter le séjour des résidents en guérison. 

«Je me rappelle d’une femme qui a demandé à sa fille de payer plus pour rester ici, se remémore Dina Wattier-Fernandes, préposée aux bénéficiaires à l’unité 2B de l’Hôpital du Suroît. Elle se sentait bien. En entendant ça, on savait qu’on avait bien fait notre job. »

Le Saint-François l’a suivie durant près de deux heures sur l’unité qui accueille le NSA (16) et la gériatrie (20). Elles sont entre deux et quatre sur le plancher pour veiller au confort de ces personnes. Dans le premier secteur, les résidents n’ont plus besoin de plateaux techniques. Ils attendent un transfert en hébergement. En gériatrie, les personnes sont en guérison et cherchent à regagner leur autonomie avant de retourner à leur domicile. L’ambiance est calme sur cet étage. Tout pour abaisser le niveau d’anxiété.

«Le jour, ce n’est jamais pareil, prévient-elle. Tout se passe le matin; tous doivent être lavés et habillés, le lit doit être fait, on les assoit et ils déjeunent. On les fait marcher aussi, deux fois par jour. »

En quête d’autonomie

Des soins primaires, mais les préposés ne jouent pas à la mère. Ils agissent pour pousser les résidents en gériatrie à gagner en autonomie et confiance. Pour que le transfert à leur domicile permanent se fasse sans heurt. Une dame atteinte de Parkinson ne faisait rien à son arrivée. Avec le temps, elle faisait ses petites tâches quotidiennes seule. Ce qui a même surpris ses proches, mais qui lui a permis de quitter le milieu hospitalier. « On a des challenges chaque jour, assure la préposée. Ça nous valorise de voir les gens surmonter les difficultés. »

Les préposés agissent dans la proximité et l’intimité des personnes. Des liens se tissent. Dans notre trajet dans le corridor, un homme l’aborde avec de beaux compliments. Dina échange quelques mots et un câlin avec lui.

«Le monsieur avait besoin de ça, dit-elle. Il a un trouble cognitif. Pour lui, toucher les bras est un geste amical qui le rend joyeux. C’est dans notre rôle pour la sécurité. Il faut être à l’écoute de ces signaux. » 

Dans une autre chambre, un homme joue aux cartes avec une préposée. Leur duel au 31 est à deux victoires de chaque côté. «C’est un prétexte explique la préposée. C’est un monsieur qui a un trouble cognitif et si on ne l’occupe pas, il se promène parce qu’il ne sait pas quoi faire. Il y a aussi un risque qu’il chute et se blesse. Il aime jouer aux cartes et on réussit ainsi à créer un lien. » L’homme, tout sourire, explique qu’il est bien à l’hôpital, mais qu’il attend un transfert dans une ressource.  

Mme Wattier-Fernandes l’avoue; les préposés s’attachent aux patients qu’ils côtoient. Si bien que ce peut être difficile quand ceux-ci quittent le milieu hospitalier. « Je commence à les connaître du début à la fin, explique-t-elle. J’ai travaillé en CHSLD et ici ça change. Les gens restent pour des séjours dont la durée varie. Mais je leur donne le même amour. Je leur dis qu’elles seront bien où elles iront. »

Générer la confiance

Pendant un quart de travail, les préposés peuvent se faire envoyer promener. Mais recevoir un beau sourire plus loin dans une autre chambre. «Il faut être patiente et décortiquer tous les moments, mentionne-t-elle. La préposée ne doit pas penser à la paye; c’est une vocation. Tous les jours, on a des hauts et des bas. »

Une vocation certes et dont la formation est acquise en classe, mais également par l’expérience. Mme Wattier-Fernandes remercie d’ailleurs tous les autres préposés qu’elle a croisés et qui lui ont donné des trucs et techniques pour être plus efficace. 

Dans le corridor, un homme aide sa femme à marcher. Mme Wattier-Fernandes félicite la dame et informe l’homme sur le soulier adéquat pour faciliter les déplacements. Les aidants naturels sont de retour dans les hôpitaux, une aide capitale dans le rétablissement des patients. 

«On est là pour le bien-être des gens qui entrent à l’hôpital, mentionne Dina Wattier-Fernandes. Les préposés sont entre le médecin, l’infirmière et la famille. Je vois ça comme une étoile avec des branches. » Quand on lui suggère que les préposés sont le cœur de l’étoile, elle répond que c’est comme ça qu’elle voit la profession.

Une cloche retentit et elle se dirige dans une chambre avec sa voix chaleureuse pour aider une dame qui s’était levée de son lit. Le jour ce n’est jamais pareil au 2B de l’Hôpital du Suroît. Les préposés sont prêts à toutes éventualités.