Le Club des petits dîners

Le Club des petits dîners

Maxime Leblanc et Jérémy Gagné ont pu compter sur les notions et les enseignements des chefs Didier Le Mouëllic et Nathalie Dupont pour développer de bonnes habitudes alimentaires.

Plusieurs étudiants de la région n’ont pas les moyens de se nourrir sur l’heure du dîner. Les ateliers culinaires pour adolescents ont permis de combler cet appétit avec la production de plus de 4000 plats, dont 2700 qui ont été redistribués dans trois écoles secondaires de Valleyfield et Beauharnois.

La Table jeunesse a dressé le constat que plusieurs jeunes avaient le ventre vide pour entreprendre la deuxième portion de la journée. «Le manque de nutrition a des impacts sur l’estime de soi et sur la motivation scolaire», a souligné Isabelle Jean, psycho-éducatrice à l’école Baie-Saint-François.

Les ateliers culinaires pour adolescents sont venus combler les appétits. Ils ont été offerts aux étudiants en adaptation scolaire des écoles des Patriotes-de-Beauharnois, Baie-Saint-François et Edgar-Hébert. Il s’agit d’une clientèle fragile. Des jeunes qui ne mangent pas tous les jours.

Les ACA ont donc appris la base aux jeunes marmitons. Comment couper les légumes, faire un budget pour manger à moindre prix ou se débrouiller avec très peu. Au bout de 24 ateliers, la cuisine leur était plus familière. 

«On leur a laissé un héritage. Toute la vie, ces gens vont manger, vont devoir cuisiner. C’est mettre de l’essence dans son corps. Certains partent en appartement à 15-16 ans et après avoir payé leur loyer, leur cellulaire et leurs comptes, il ne leur reste que 30 ou 40 $ pour manger. On leur a enseigné des techniques pour se débrouiller», a mentionné la chef Nathalie Dupont.

Sylvie-Anne Guertin, membre de la Tablée des chefs, a insisté sur l’importance d’éduquer les jeunes à l’alimentation

Au final, les 54 étudiants-cuisiniers ont préparé 4050 repas, dont 2700 ont été congelés et redistribués à travers la population étudiante.

Le projet de la Tablée des chefs a bénéficié d’un budget de 65 000 $, dont une subvention de 50 000 $ de la CRÉ de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. Toutefois, l’abolition de cette dernière met en péril les ACA. «On a l’intention de poursuivre le projet. On cherche à stimuler de généreux donateurs», a confié Stéphane Brault, membre du Comité de sécurité alimentaire.

Cuisiner sa fierté

Outre les ACA, les Brigades culinaires ont connu un vif succès. Une équipe de l’école Edgar-Hébert a même poussé le chaudron en finale de ce concours de cuisine parascolaire.

«Je me suis fait de bons amis. On a créé une bonne chimie en cuisine. Je ne pensais pas décrocher, mais je souhaitais toujours revenir aux Brigades, une des activités parascolaires qui m’ont fait le plus triper», a dit Maxime Leblanc, un des participants.

Le chef Didier Le Mouëllic a été très heureux de partager sa passion et de faire découvrir les produits locaux. «Au Québec, vous vivez dans la luxure. Vous voulez des fraises en janvier. Il faut cuisiner selon les saisons. On oublie que beaucoup de produits se font au Québec et on l’achète de l’extérieur», dit celui qui a pris plaisir à faire découvrir les légumes racines à ses apprentis cuistots.

Julie Piché, enseignante, dit avoir vu les étudiants non seulement s’améliorer, mais s’investir avec passion. «On ne voulait pas des chefs, mais des élèves qui voulaient apprendre. À la dernière corvée, on a vu leur fierté

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