L’ARTM veut augmenter de 60% les services de transport en commun d’ici 2031

Par Geneviève Michaud
L’ARTM veut augmenter de 60% les services de transport en commun d’ici 2031
(Photo : Archives)

Les objectifs du Plan stratégique de développement du transport collectif de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) pour les 10 prochaines années sont ambitieux : augmenter l’offre de service de 60%; hausser de 25 à 35% la part du transport collectif en pointe du matin; et réduire de 14% les déplacements en auto. Des objectifs qui s’accompagnent d’une facture qui pourrait avoisiner les 45 G$.

Présenté par l’ARTM le 27 octobre, lors du lancement d’un vaste processus de consultation publique, le Plan stratégique de développement (PSD) est le résultat d’une concertation de trois ans des acteurs du milieu du transport, d’élus et de nombreux citoyens. Il s’agit de la seconde initiative majeure de l’ARTM, la première étant le processus de refonte tarifaire, pour lequel les consultations publiques ont pris fin le 23 octobre.

Projets structurants

Les premières actions priorisées par l’ARTM pour 2021-2023 seront entre autres de réaliser les grands projets d’infrastructures déjà en cours comme le REM, de déployer des voies réservées et des mesures préférentielles pour autobus et de compléter la planification de modes de transport structurant, dont dans l’axe du boul. Taschereau et du prolongement de la ligne jaune.

Une part importante de l’augmentation de services de 60% au cours des 10 prochaines années se traduira par une amélioration des services existants, particulièrement en autobus et particulièrement pour les couronnes nord et sud.

L’ARTM souhaite presque doubler les services actuels d’Exo, dont l’offre est en ce moment beaucoup moins intéressante que celle des grands centres. Le tout, afin d’améliorer les déplacements est-ouest.

«C’est pourquoi les voies réservées sont aussi importantes, indique le directeur exécutif Planification des transports et mobilité de l’ARTM Daniel Bergeron. On peut s’attendre à voir leur nombre exploser au cours des prochaines années.»

D’importants efforts sont faits, d’abord pour augmenter le nombre de voies réservées sur le réseau autoroutier, afin d’améliorer les déplacements depuis la périphérie, mais aussi sur le réseau artériel, avec l’ajout de voies réservées ou de mesures préférentielles comme des départs prioritaires à certaines intersections.

L’ARTM cible entre autres les autoroutes 10, 20 et 30; les boul. Cousineau, du Quartier, Grande-Allée et Rome dans l’agglomération de Longueuil; le chemin Saint-Jean à La Prairie; et les boul. d’Anjou et Saint-Jean-Baptiste à Châteauguay.

Facture imposante

Les objectifs du PSD s’accompagnent de coûts additionnels qui frisent les 45 G$ pour les 10 prochaines années, soit entre 28,3 G$ et 36,7 G$ de coûts immobilisations et entre 7 G$ et 8,8 G$ de coûts d’exploitation.

Des investissements supplémentaires majeurs seront ainsi nécessaires, le budget actuel de 3,4 G$ des différentes sociétés de transport qui composent l’ARTM permettant uniquement d’assurer le service déjà en place et de maintenir les actifs.

Mais d’où proviendra cet argent?

«Le cadre financier actuel s’appuie sur quatre sources, soit les gouvernements, les usagers, les municipalités et les automobilistes, explique Daniel Bergeron. Est-ce qu’on peut en demander plus à l’une ou l’autre des sources? Est-ce qu’on peut ajouter des sources? On s’affaire actuellement à répondre à ces questions avec le gouvernement», explique-t-il, ajoutant que le PSD s’arrime à la Politique québécoise de mobilité durable.

Déplacements chamboulés par la pandémie

Alors que l’achalandage actuel n’est que de 30% des chiffres habituels en raison de la pandémie, l’ARTM s’attend à un retour à la normale vers 2022. Les pertes financières pour les trois prochaines années, en raison de la baisse des revenus et des coûts liés à la COVID-19, sont évaluées à 1 G$. Des pertes que l’aide supplémentaire du gouvernement devrait combler en grande partie.

«On s’est donné une période de trois ans pour retrouver l’équilibre budgétaire, mais tout va dépendre de la reprise de l’achalandage», précise le directeur général Benoît Gendron.

«On est assez confiant, ajoute cependant le directeur général. Les précédentes crises mondiales, comme les bombes dans le métro de Londres, ont montré qu’une fois terminées, il y a une réappropriation des services de transport collectif par la population.»

Malgré l’impact de la pandémie, l’ARTM soutient qu’il faut «porter le regard au-delà puisqu’il y a toujours urgence d’agir pour répondre aux défis environnementaux tout en assurant la vitalité économique et sociale de la collectivité métropolitaine».

L’ARTM s’est toutefois donné une période de battement de 4 ans pour la mise en place du PSD, soit entre 2031 et 2035, pour pouvoir s’adapter en cas d’impact plus important de la pandémie ou de toute autre crise.

«L’amélioration de la qualité de vie des citoyens passe entre autres par une nette réduction de la congestion routière et par une bonification substantielle de l’offre en transport collectif, rappelle la mairesse de Longueuil Sylvie Parent. La fluidité a des impacts positifs : elle favorise le développement économique et social tout en consolidant le tissu urbain. C’est pourquoi j’en fais ma priorité.»

L’ARTM parle quant à elle d’une amélioration de l’environnement et de la santé publique; du renforcement de l’attractivité et de la vitalité économique de la région; et d’une réduction de la congestion routière et des émissions de GES.

Vaste consultation publique

L’ARTM tiendra un important processus de consultation publique, amorcée le 27 octobre. Le projet de PSD est disponible en ligne pour consultation; des rencontres d’information en webdiffusion auront lieu les 10, 11, 16 et 17 novembre; des mémoires pourront être déposés d’ici le 14 décembre, puis présentés en audiences en janvier; et les commentaires seront recueillis par la poste, par courriel ou en ligne.

Le tout visant une adoption du PSD par le C.A. de l’ARTM en mars 2021.

Rens.: repensonslamobilite.quebec.

 

Trois orientations déclinées en six stratégies

Le Plan de développement stratégique est construit autour de trois orientations qui se déclinent en six stratégies.

Orientations

  • Relier les différentes communautés de la région métropolitaine à l’aide de services performants.
  • Déployer des options de mobilité diversifiées offrant une expérience simplifiée et attrayante.
  • Favoriser une utilisation efficiente des ressources tout en renforçant la résilience du système.

Stratégies

  • Organiser la mobilité en fonction du réseau de transport collectif structurant.
  • Arrimer le transport collectif à l’aménagement du territoire.
  • Assurer une offre de services de transport collectif adaptée aux besoins.
  • Innover pour améliorer l’attractivité du transport collectif.
  • Optimiser l’utilisation du système de transport.
  • Assurer les ressources nécessaires au fonctionnement et à la résilience du système de transport collectif.

Le territoire de l’ARTM

  • 83 municipalités
  • 4000 km2
  • 4 millions d’habitants (soit près de la moitié de la population du Québec)
  • 1,8 million d’emplois
  • 8 millions de déplacements chaque jour

Le réseau de l’ARTM

  • 4 organismes de transport, soit la Société de transport de Montréal, le Réseau de transport de Longueuil, la Société de transport de Laval et Exo
  • 4 lignes de métro, 68 stations et 271,4 millions de déplacements
  • 6 lignes de train, 62 gares, 20 millions de déplacements
  • Plus de 600 lignes d’autobus, plus de 40 millions de déplacements

*selon les données d’achalandage annuel de 2018

Cadre financier

  • Budget de 3,4 G$
  • Gouvernements (38%)
  • Usagers (28%)
  • Municipalités (27%)
  • Automobilistes (5%)
  • Autres (2%)
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