La vitesse tue à Rivière-Beaudette

Par Denis Bourbonnais
La vitesse tue à Rivière-Beaudette
Pour un automobiliste demeurant dans ce secteur de la route 338 située entre deux courbes qui nuisent à la visibilité

Le maire de Rivière-Beaudette et une quinzaine de résidants domiciliés sur le chemin Frontière sont exaspérés de l’inaction du ministère des Transports du Québec qui refuse de réduire la limite de vitesse entre la frontière ontarienne et le village.

Sur ce segment de quelques centaines de mètres situé entre deux courbes qui nuisent à la visibilité, le danger guette autant les usagers de la route que les piétons, les cyclistes et les Beaudettois demeurant dans ce secteur.

Pour des raisons difficiles à expliquer, le MTQ persiste à maintenir la limite de vitesse à 90 km/h en dépit des nombreux accidents qui se produisent à cet endroit depuis deux ans. Après deux embardées mortelles survenues en 2013 et 2014, une collision impliquant deux motocyclistes a fait trois blessés dont un grièvement sur le chemin Frontière à la hauteur de la rue Penville Baie, le 2 août dernier.

«C’est à n’y rien comprendre que le MTQ s’obstine à ne pas baisser la vitesse permise à 70 km/h. Tôt ou tard, il va y avoir un gros malheur», affirme le maire de Rivière-Beaudette, Patrick Bousez. Ce mois-ci, le conseil municipal a adopté une autre résolution demandant aux fonctionnaires du MTQ d’agir avant que d’autres pertes de vie soient déplorées.

«Nous le faisons au moins une fois par année et la réponse est toujours la même. Le ministère des Transports estime que la vitesse indiquée rencontre les normes. On s’interroge pourquoi le MTQ s’acharne à maintenir une limite aussi élevée», décrie M. Bousez.

Mardi, Le Journal a rencontré Sylvain Legoux, propriétaire de la maison sise au 46, chemin Frontière, qui est en fait le prolongement de la route 338. Persévérant, M. Legoux interpelle le MTQ depuis 2006 pour corriger cette situation qu’il juge inacceptable. Il a fait circuler une pétition qui a rallié une quinzaine de signatures et les représentations faites auprès de la députée Lucie Charlebois n’ont rien changé.

M. Legoux, qui habite à quatre maisons des lignes ontariennes, souligne que la limite de vitesse est pourtant inférieure (80 km/h) en Ontario bien que la route soit en ligne droite. «Du côté québécois, des clients entrent et sortent fréquemment d’un commerce pour emprunter le chemin Frontière. On entend souvent des freinages brusques pour éviter des impacts. C’est carrément dangereux», dénonce-t-il.

 Celui qui cumule les fonctions de directeur-adjoint des études au Collège de Valleyfield ajoute que la limite actuelle menace les piétons et les cyclistes lorsqu’il y a croisement de véhicules ou passage de poids lourds. «L’autoroute 20, qui est parallèle au chemin Frontière, constitue une alternative pour les gens en véhicules qui sont pressés. Cependant, les piétons et cyclistes doivent se contenter d’une bande étroite d’un mètre de large», de signaler M. Legoux.

«Le MTQ explique son raisonnement en insinuant qu’il doit garder une crédibilité à la signalisation. En ce qui me concerne, c’est de l’entêtement, des luttes de petits pouvoirs. Il est clair, pour moi, que le ministère des Transports fait de l’aveuglement volontaire au regard de la sécurité des usagers de la route», a exprimé Sylvain Legoux.

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