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La Factrie : des situations difficiles pour Émilie Fortier

vendredi le 01 mai 2020
Modifié à 11 h 57 min le 01 mai 2020
Par Yanick Michaud
Émilie Fortier, directrice générale de La Factrie, café culturel, voit ses repères s’effondrer. « Pour La Factrie, cette situation, c’est dramatique. Nous ne sommes pas subventionnés comme organisme communautaire. La Ville nous offre des contrats de service. Mais, financièrement, pas de subventions. Nous ne recevons rien de Salaberry-de-Valleyfield, ni des autres paliers de gouvernement. Nous tombons, comme entreprise en économie sociale, dans une craque administrative », explique celle qui est jugée comme compétitrice d’autres entreprises. Quant à l’impact d’une réouverture trop tardive, les effets seront dévastateurs. « Nous sommes comme un restaurant, nous servons de la nourriture. Nous servons de l’alcool. Mais nous sommes aussi un lieu culturel. Une salle de spectacle. Nous sommes frappés dans les trois directions », lance Émilie Fortier. Et même si elle diffuse des rendez-vous culturels, par le ministère de la Culture, elle est considérée comme une salle privée.

Financement difficile

Afin de se financer, les responsables de La Factrie avaient lancé les jeux d’évasion. Ils étaient situés dans l’ancien poste de police de la rue Nicholson. « Mais il faut renouveler sans cesse, parce que les gens qui sont déjà venus veulent essayer de nouvelles aventures. Sauf que, le poste de police pourrait être vendu à tout moment. Nous avions décidé de ne pas trop nous investir de ce côté. Alors nous voulions, dès février, trouver un nouveau financement. Ça aussi c’est sur la glace. Il va falloir évaluer tout ça à la sortie de cette crise », explique celle qui se demande si la clientèle sera au rendez-vous. « Nous n’avons pas perdu espoir, mais la réalité, c’est qu’on ne sait pas. »

Festival des Arts annulé

Et comme une mauvaise nouvelle arrive rarement seule par les temps qui courent, on a décidé d’annuler le Festival des Arts de Salaberry-de-Valleyfield. C’est Émilie Fortier qui est à la tête de ce rendez-vous attendu. « C’était la 17e édition cette année. Et avant que le premier ministre annonce que tout était annulé jusqu’à l’automne, nous n’avions pas reçu de directives. Tous les artistes étaient inscrits et voulaient participer. Mais maintenant, même si nous voulions repousser, les artistes sont moins certains. Disons que c’était 50-50 », avise Émilie Fortier, qui était emballée par cette édition. « C’est Tina Struthers qui était notre présidente d’honneur. Le thème avait attiré. Mais nos artistes en général, ont souvent plus de 60 ans. Ça insécurisait. Et en repoussant à l’automne, nous ne pouvions penser le tenir à l’extérieur. Tandis qu’à l’intérieur, le 2 mètres de distanciation est plus difficile à respecter », dit celle qui pense maintenant à 2021. « C’est certain que nous aimerions revenir avec le même thème et la même présidente d’honneur. Mais on verra en temps et lieu », conclut celle qui conserve quand même son optimisme.  

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