La consommation de cannabis n’a pas augmenté, selon un expert

Par Mario Pitre
La consommation de cannabis n’a pas augmenté, selon un expert
(Photo : Archives)

Interrogé en marge de l’assemblée générale de l’organisme Liberté de choisir, l’expert en toxicomanie et dépendances Jean-Sébastien Fallu affirme que la consommation de cannabis n’a pas vraiment connu d’augmentation depuis sa légalisation il y a plus d’un an.

« On n’observe pas d’augmentation de la consommation du cannabis chez les jeunes en général, même s’il est encore tôt pour tirer des conclusions, mentionne le professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et docteur en psychologie. Et même s’il y a une augmentation, il existe d’autres variables qui peuvent jouer. »

M. Fallu ajoute qu’on n’a pas davantage répertorié d’augmentation dans les cas de psychose (qui auraient pu être engendré par la consommation de cannabis), même qu’on enregistre une baisse, selon lui.

Le cannabis demeure un produit encore très accessible pour les jeunes, que ce soit sur le marché légal, dans les succursales de la Société Québécoise du Cannabis (SQDC), ou encore sur le marché noir.

Jean-Sébastien Fallu considère cependant qu’il serait souhaitable que le réseau légal se développe plus rapidement, « sans pour autant en avoir à tous les coins de rue. ».

L’expert Jean-Sébastien Fallu, en compagnie de Céline Lefebvre et de Marie-Josée Dumas de l’organisme Liberté de choisir. (Photo Journal Saint-François Pierre Langevin)

La SQDC compte actuellement près d’une vingtaine de succursales, dont la plus près est située à Châteauguay, et ce nombre devrait atteindre plus de quarante d’ici mars 2020.

L’expert Jean-Sébastien Fallu croit par ailleurs que l’idée de rehausser l’âge légal pour consommer du cannabis à 21 ans aura des effets négatifs.

«On peut peut-être espérer un petit impact très minime chez un certain groupe très peu à risque qui va attendre l’âge légal pour consommer, note-t-il. Mais les autres jeunes vont continuer à consommer comme avant dans le marché illégal, avec des produits non contrôlés. Ils vont moins en parler à leur famille, à leurs amis…»

Qui plus est, selon lui, cette hausse de l’âge légal vient à l’encontre de deux objectifs visés par la légalisation, soit de remplacer le marché illégal et d’améliorer la santé publique.

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