Femmes de papier : une expo lumineuse

Par Yanick Michaud
Femmes de papier : une expo lumineuse
Émilie Papillon, Denis Lapointe, Mathieu Tremblay et Véronique Gibeault sont fiers de voir l’exposition touchante et interactive offrir un regard différent et authentique du point de vue des femmes qui ont contribué à l’histoire de l’industrie du papier. (Photo : Photo Journal Saint-François - Pierre Langevin)

Elles ont été nombreuses les femmes à travers l’histoire à laisser une empreinte indélébile dans l’industrie du papier.

C’est ce que vise à nous faire comprendre et connaître l’exposition temporaire Femmes de papier présentée au MUSO jusqu’au 15 mars 2020. Le jeune musée Boréalis de Trois-Rivières est derrière cette collection. « Nous avons vu le jour en 2010 et nous avions l’humain au cœur de nos préoccupations. C’est donc normal que nous ayons des centaines de personnes qui ont témoigné en neuf ans pour nos différentes expositions. Pour Femmes de papier, 36 femmes ont accepté de parler de cette industrie essentiellement masculine. Elles viennent de différents milieux et leur histoire n’est pas banale. On connaîtra avec elles leurs joies, leurs peines. Mais aussi de belles anecdotes remplies de vie », explique Émilie Papillon, responsable de projets en développement du Patrimoine à Culture Trois-Rivières.

Anecdotes et artefacts

Pour des milliers de Canadiens, la mention des pâtes et papiers évoque la mémoire du bûcheron exilé au cœur de la forêt boréale. On pense aussi au papetier se rendant au travail, boîte à lunch à la main. Les grands-pères racontaient souvent le bruit ambiant dans l’usine. La chaleur des machines. Ou encore la nature exigeante du travail sur les »shifts ». Qu’en est-il des grands-mères?

« La majorité de l’exposition est composée de témoignages. Certaines des femmes sont retraitées, mais on a des dames qui sont toujours dans l’industrie », lance Émilie Papillon. On retrouve des stations interactives, ou l’on invite les visiteurs à découvrir le quotidien de femmes de différents milieux. Des femmes au foyer, des cuisinières dans les camps forestiers, des secrétaires à l’usine ou encore des femmes qui défient les normes en participant activement à la production.

Leurs histoires de vie, souvent vécues parallèlement à la réalité de leur mari, repoussent les préjugés.

Femmes de papier
Des artefacts, des photos, des témoignages font partie de l’exposition Femmes de papier qui se tient au MUSO du 25 octobre au 15 mars 2020. Le Musée de Société des Deux-Rives est ouvert du jeudi au dimanche de midi à 17 h. (Photo Journal Saint-François – Pierre Langevin)

Deux réalités qui se rejoignent

Le président du conseil d’administration du MUSO, Denis Lapointe s’est réjoui de voir le parallèle se créer entre Trois-Rivières et Valleyfield. « On parle du papier, mais il y a eu d’autres grandes industries à Trois-Rivières, dont la Wabasso Cotton. Inversement, on a fait du papier ici. Beaucoup de Trifluviens sont venus travailler ici et se sont établis à Salaberry-de-Valleyfield. C’est le cas de mon père par exemple. Quant aux femmes, plusieurs ont travaillé dans les deux industries. Je suis content de voir un lien se créer entre les deux musées. Je trouve ça merveilleux, parce qu’il y a une fraternité muséale qui s’est établie », a-t-il admis.

Quant au responsable des collections et des expositions au MUSO, Mathieu Tremblay, il confirme l’importance de l’industrie du papier dans Salaberry-de-Valleyfield. « On a eu un premier moulin grâce à Buntin. Il fabriquait une large part du papier journal utilisé par les grands quotidiens du pays », affirme-t-il. Il ajoute que l’industrie fait partie de l’histoire de Valleyfield.

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