Des chauves-souris pour sauver les épis

Par Yanick Michaud
Des chauves-souris pour sauver les épis
Le groupe d’agriculteurs a mis en place les dortoirs de chauves-souris dans les champs sablonneux là ou sévit le VGOH. (Photo : Courtoisie Pierre Filion)

Si Batman s’en prenait aux vilains de Gotham, les chauves-souris de Saint-Anicet vont tenter de venir à bout du ver gris occidental du haricot, le VGOH.

Un projet mi-farfelu, mi expérimental qui vise à attirer les chauves-souris dans un lieu sécuritaire et qu’elles puissent en retour venir en aide aux agriculteurs. « C’est une idée de notre agronome Sylvie Thibaudeau, qui est conseillère au club agroenvironnemental du bassin La Guerre à Saint-Anicet. Ce serait une bonne façon de contrer les vers gris. Elle a fait des recherches afin d’augmenter la population de chauves-souris. Ils mangent de gros insectes comme les papillons nocturnes et les VGOH », explique l’agriculteur Sylvain Gascon, fier de partager la nouvelle.

En fait le ver est transporté par un papillon qui arrive avec les vents du Sud. Les larves sont pondues dans les épis. « Et ça scrappe une récolte c’est pas long », lance-t-il dans un langage imagé. Les vers sont friands du maïs qu’ils contaminent. Ainsi, ils brisent les grains et l’épi devient moisi. Les agriculteurs voient leurs produits retournés. « Les acheteurs testent et le voyage est refusé à cause de la moisissure.

Des dortoirs à chauves-souris

Les vers abondent dans les terres sablonneuses. Celles que l’on retrouve dans les champs de maïs et de haricots par exemple. Ainsi, on désire les dévorer à la source.

« Nous avons organisé la construction et l’installation de dortoirs pour ces petites bêtes qui deviendront fort utiles. Elles seront abritées et pourront s’en servir comme lieu de nidification. Pour pouvoir couver leurs petits. C’est au chaud, orienté vers le sud-est et haut dans les airs pour faciliter leur envol la nuit. Tout a été pensé. Même la couleur noire qui attire la chaleur et favorise la lactation des mères chauves-souris », dit Sylvain Gascon. Lui et quelques autres agriculteurs ont mis l’épaule à la roue pour installer ces abris.

L’un détenait de longs piquets de cèdres. L’autre une tarière. L’un a fourni le tracteur. « On a installé six dortoirs. On a choisi des terrains chez des agriculteurs qui ont des problèmes avec le VGOH. Sur tout le territoire du bassin versant, jusqu’à Cazaville. C’est effectivement très sablonneux », indique-t-il.

En attente des résultats

Actuellement, Sylvain Gascon, Sylvie Thibaudeau et les agriculteurs engagés dans le projet sont en attente. « Idéalement, le projet devait être lancé au printemps. Mais avec la pandémie, il a fallu attendre. Espérons maintenant que les nids seront visités cette année et que les dortoirs soient adoptés le printemps prochain », évalue Sylvain Gascon.

Les résultats pourraient donc être perceptibles pour la saison 2021. « Mais au moins on se dit que c’est écologique. Ainsi, si ça fonctionne, on évitera l’épandage d’insecticides », plaide-t-il.

Il incite d’ailleurs les citoyens à poser des nids à chauves-souris. L’instrument peut servir à contrer d’autres insectes nuisibles comme les maringouins par exemple.

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Ainsi, les dortoirs serviront à attirer les chauves-souris qui rendront à leur tour un grand service aux agriculteurs. (Courtoisie Pierre Filion)
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Ne boufferaient-elles pas la tordeuse d’épinette?