Dans la rue

Par Mario Pitre

SALABERRY-DE-VALLEYFIELD – La fin de saison des diverses téléséries diffusées au petit écran nous permet d’aller voir ailleurs, côté télé. Lundi dernier, je suis tombé sur un reportage-terrain des plus pertinents du journaliste Hugo Meunier diffusé sur TV5.

Celui-ci a laissé sa vie paisible, sa famille et ses proches pour vivre jour et nuit la réalité des itinérants de Montréal et ce, durant 21 jours. Pourquoi 21 jours ? «Parce que c’est le temps qu’il faut pour perdre ses habitudes et se créer de nouveaux repères», dit-il.

Ainsi, la caméra nous montre le reporter dans le quotidien des sans-abri qui fréquentent la rue, les fonds de cour, sans compter les services d’accueil comme la Maison du père, l’Accueil Bonneau ou la Mission Old Brewery. Il se fait offrir du pot, du crack, passe une nuit dans la rue en tentant de trouver une niche pour dormir. Il échange avec des habitués, s’infiltre également dans le «système» de prise en charge des itinérants dans les refuges, avec la réalité des dortoirs, ses odeurs, ses interminables ronflements…

Parmi les constats qu’il en retire, je retiens que les itinérants n’arrivent pas à vivre ainsi par hasard. Leur situation découle souvent de maladies mentales, d’épisodes difficiles comme la perte d’un emploi, un divorce, le tout accompagné de consommation de médicaments et drogue. Dans les refuges qu’il a fréquentés, Hugo Meunier a dit également avoir perçu un besoin, pour certains, de se retrouver dans un environnement contrôlé, encadré; un besoin qui, pour certains, découle de leur précédente vie en centre jeunesse.

Les constats auxquels ce reportage nous interpelle, on les retrouve non seulement dans la métropole, mais également en région. On estime à 30 000 le nombre de sans-abri au Québec. À Salaberry-de-Valleyfield, l’itinérance est bien sûr moins visible au coin des rues, mais elle existe bel et bien. On la retrouve au Centre de transition en Itinérance, à la Maison Hébergement-dépannage, au Café des Deux-Pains… Mine de rien, l’organisme Pacte de rue offre aussi ses services depuis plus de 20 ans dans la communauté.

Pour ceux que ça intéresse, le reportage-réalité était toujours accessible ces derniers jours sur le site tv5.ca. Un document qui dresse une perspective frappante sur le sujet, et qui contribue sans doute à réduire les préjugés qu’on entretient facilement à l’égard des itinérants.

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