COVID-19: Le CISSSMO a su s’organiser rapidement

COVID-19: Le CISSSMO a su s’organiser rapidement
(Photo : (Photo Journal Saint-François - E.T.))

Depuis le 13 mars, la pandémie sévit au Québec. Le Saint-François s’est entretenu avec Yves Masse, président directeur général du Centre de santé et services sociaux de la Montérégie-Ouest pour procéder à une sorte de bilan de ce que la COVID a provoqué dans la région.

En date du 9 septembre, pour l’ensemble de la Montérégie, qui comprend aussi les territoires des CISSS de la Montérégie-Est et Montérégie-Centre, on recensait 9563 cas. Un total de 612 personnes ont perdu la vie.

M. Masse confirme que la situation est loin d’être simple. Parce que la COVID est un élément de la chaîne qui comprend les autres activités de santé. La contrainte générée par le coronavirus est toujours présente. Le CISSSMO a dû composer avec elle.

«Le premier constat est qu’on a été capable de s’organiser rapidement, a indiqué le pdg du CISSSMO. On avait un plan d’intervention de base qu’on a su adapter rapidement. On avait une belle dynamique d’entraide. Les cas poppaient à gauche et à droite, mais on était capable de réagir rapidement. Avec un niveau de préoccupation élevé, on a établi une mission et des axes pour savoir où on allait, et comment on y allait. » »

À cet effet, il parle des télé-soins. Une pratique sur laquelle le CISSSMO travaillait depuis plusieurs mois. En l’espace de 48 h, dans l’urgence, cette possibilité était offerte.

Le déconfinement progressif qui s’est opéré a soulevé des inquiétudes dans la population. Des situations comme à Mercier sont survenus. Récemment, l’exemple du bar karaoké à Québec a frappé l’imaginaire. Selon Yves Masse: « quand les gens sont confrontés proches, ils ont un intérêt qui grandi. » Si bien que le monde a appris de ces situations. Que la population a développé des réflexes. «Les connaissances par rapport à la bibitte évoluent, assure-t-il. Dans le rétroviseur, on peut dire qu’on est content des résultats globaux. »

Manque de personnel

Marie-Eve infirmière
Marie-Eve Tetreault n’a pas hésité à revenir à ses anciens amours pour aider son prochain. L’infirmière en elle a répondu présente.

Des infirmières, il en manquait avant, pendant et après la crise sanitaire. C’est le constat qui est vécu au réseau de la santé, pas uniquement au CISSSMO. «Partout au Québec, on en prendrait», indique le directeur général du CISSSMO.

Pour ce qui est des préposés aux bénéficiaires, le programme spécial du gouvernement va permettre l’embauche de 300 personnes dans le réseau de santé local. «C’est inattendu et une super bonne nouvelle, se réjouit M. Masse. En temps de pandémie, on a pu former de nouveaux employés. »

Durant le confinement, des services, notamment en réadaptation ou en hébergement, ont délesté des employés. Des ressources qui ont été réaffectées à des tâches urgentes. «Ça a généré de l’inconfort, convient Yves Masse. Mais la situation exceptionnelle commandait des moyens exceptionnels. On a ressenti un essoufflement des ressources, même au niveau de la gouvernance et de l’administration. »

La plateforme jecontribue.ca a permis le recrutement de quelques centaines d’employés au plus fort de la crise. Certains ont décidé de conserver leur emploi.

 

 

 

masques COVID-19Une gestion serrée des équipements

Les équipements de protection individuelle ont nécessité une utilisation judicieuse selon des paramètres dictés par la PCI. «Ça été compliqué, laisse entendre M. Masse. Dans la période de pandémie, la demande a explosé mondialement. Les fournisseurs y allaient comme ils pouvaient. Mais au CISSSMO, on n’en a pas manqué parce que a géré serré. »

Il parle des masques, blouses et autres items comme une denrée rare commune. Ce qui a pu générer une commande incomplète; le CISSSMO réclame d’ailleurs 200 000 $.

L’inventaire de masque a été adéquat et les visières ont été offertes lorsque l’Institut national de la santé publique et la Santé publique ont indiqué que l’utilisation était appropriée.

 

 

Les CHLSD

Jusqu’à la mi-juin, aucun des 11 CHSLD du territoire n’avait été touchés par la COVID. Et encore, la courte éclosion s’est limitée à quatre cas au Centre Dr.-Aimé-Leduc de Valleyfield. Un succès quand on se souvient que le premier ministre François Legault a parlé de «bataille perdue» dans ces unités de soins. «Le portrait est un peu phénoménal par rapport à ce qui a été entendu à Montréal, soutient M. Masse. Mais il n’y a pas de recette magique. Nos équipes ont été vigilantes et travaillé fort. L’équipe de prévention et contrôle des infections (PCI) a été super. Elle était rigoureuse et ça transmettait dans l’ensemble de la population. »

M. Masse parle également d’audace, alors que le CISSSMO a décidé d’interdire les visites dans les hôpitaux quelque 48 heures avant que ça devienne une mesure ministérielle. «L’anticipation, plus la rigueur, plus la volonté nous ont permis de bien faire. On n’était pas à l’abri. Chaque cas suspect a été traité comme un facteur de risque. »

Hôtel Plaza

Durant cette pandémie, la mise en place rapide d’une unité de soins à l’Hôtel Plaza représente une fierté. En une semaine, les personnes infectées en provenance des résidences pour personnes âgées (RPA) étaient pris en charge à cet endroit. Ce qui a permis de laisser les RPA en situation froide.

Le cas Mercier

Outre les cliniques de dépistage à Châteauguay et Valleyfield, le CISSSMO déploie des cliniques mobiles sur son territoire. Toujours en fonction de l’évolution du nombre de cas par secteur.

Notamment vers les festivités de la Saint-Jean-Baptiste. Alors qu’un party à Saint-Chrysostome, suivi d’autres rassemblements à Mercier, a suscité une éclosion importante. Éclosion ressentie principalement par des gens plus jeunes. «Ça a mis la sellette sur cette strate de population plus jeune, pointe Yves Masse. Un wake up call, comme un électrochoc. De notre côté on est resté en vigie, prêt à intervenir. On a fait deux cliniques à Mercier pour répondre aux besoins; la première, on a procédé à quelque 570 tests et 6 sont revenus positifs. »

L’organisation de ces cliniques de dépistage exige de réagir rapidement. Trouver les ressources et un site. Puis assurer le suivi. Parce que les 24 à 48 h d’attente pour les résultats plongent les gens dans l’incertitude.

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