Coupable d’avoir gratté pour plus de 231 000 $

Par Steve Sauvé

Lorraine Therrien 59 ans, a reconnu sa culpabilité à une accusation de fraude de plus de 231 000 $ auprès de son employeur. La dame de Salaberry-de-Valleyfield jure qu’elle s’est servie de cette somme afin de s’acheter des billets de Loto-Max et des gratteux.

C’est devant la juge Marie-Chantal Doucet, le mercredi 29 avril, que se sont déroulées les représentations sur sentence. La défense a profité de l’occasion pour faire témoigner la coupable ainsi qu’une thérapeute du centre Le Virage de Salaberry-de-Valleyfield.

«Je suis atteinte de gambling. Je voulais gagner le 50 millions $ du Loto-Max. Également, j’allais dans les dépanneurs et j’achetais le présentoir des billets à gratter», a raconté la dame, en avouant qu’elle se procurait parfois plus de 2000 $ par mois en billets.

L’avocate de la défense, Me Catherine Perron, a expliqué au tribunal que l’enquête prouve que sa cliente ne s’est acheté aucun bien avec la somme de 231 000 $. Qu’elle a bel et bien tout joué en billet de loterie, afin de démontrer la dépendance au jeu de Lorraine Therrien.

«Elle a même rencontré son ancien employeur pour expliquer son subterfuge puisqu’il n’y avait pas vraiment de traces de son méfait. Depuis ce temps, ma cliente a entrepris diverses thérapies afin de combattre ses dépendances et elle occupe désormais un nouvel emploi», a mentionné l’avocate lors de son plaidoyer.

Le procureur au dossier, Me Pierre-Olivier Gagnon, a pour sa part précisé que la dame n’en était pas à ses premiers pas avec la justice.  «Le rapport pré-sentenciel est sans équivoque. Lorraine Therrien a une faible empathie pour sa victime et il est indiqué qu’on ne peut exclure le risque de récidive. De plus, elle est déjà récidiviste puisqu’elle a été condamnée par le passé pour des actes similaires. Les problèmes de gambling de madame ne sont pas une défense, ils sont le motif de la fraude», a exposé Me Gagnon.

Bien que les deux avocats soient d’accord pour une peine d’emprisonnement, leur vision de celle-ci diffère. «Je crois qu’une peine de 12 à 18 mois à être purgée à son domicile serait appropriée. De cette façon, ma cliente pourrait rester active pour la société et cela lui permettrait de poursuivre ses démarches», établit Me Perron.

À la couronne, Me Gagnon a confié au tribunal qu’une peine d’emprisonnement de deux ans assortie d’une probation de trois ans était de mise. «L’employeur qui a été victime de la fraude a été compensé par son assureur. Je demande donc au tribunal de condamner la coupable à rembourser la somme payée par l’assureur à celui-ci.» 

Lorraine Therrien connaîtra sa sentence le 5 juin prochain.

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