C’est mon travail

C’est mon travail

Crédit photo : Journal Saint-François archives

Par mon travail, je suis amené à passer un nombre considérable d’heures au palais de justice de Valleyfield. C’est normal puisque je couvre les faits divers et la scène judiciaire.

Cela peut paraitre anodin, mais moi, ça me passionne. Il m’arrive régulièrement d’assister à des causes en sachant très bien que je me dois d’écrire sur le sujet. Je profite ici de l’occasion pour expliquer que lorsqu’une personne passe à la cour, que cela devient d’ordre public. Les seules causes qui ne peuvent être dévoilées complètement sont celles où le juge prononce une ordonnance de non-publication.

Parfois, certains de mes textes suscitent de vives réactions. Soit que le lecteur est fier d’apprendre la nouvelle et alors il la dévore avec enthousiasme, soit que sa réaction est à l’inverse puisqu’il connait l’accusé. À ce moment, le journaliste devient la pire des ordures au monde. Pourtant la veille, c’était l’inverse puisque le sujet ne le touchait pas personnellement

Au fil du temps, j’ai écrit sur des voisins, des connaissances, des amis et même sur un membre de ma famille éloignée. Je suis conscient que je ne me suis pas fait que des amis. D’ailleurs, ce que je trouve particulier c’est que très rarement le journal reçoit des messages ou des appels de félicitations. Par contre, il n’est pas rare qu’un individu coupable ou accusé envoie un message pour exprimer sa frustration. Je me garderai une réserve sur les propos, mais ce n’est pas des invitations pour aller au théâtre.

Un dicton veut que l’on ne tire pas sur le messager. Moi je ne fais que rapporter ce qui se dit à la cour. C’est mon travail. À l’heure des médias sociaux, je peux garantir qu’il est mieux de voir un journaliste écrire sur une comparution plutôt que de lire sur un groupe Facebook les propos de quelqu’un qui aurait entendu que…

La chose que je me fais reprocher le plus régulièrement c’est d’avoir écrit le nom de l’accusé. Un homme m’a déjà envoyé un message, car j’avais écrit que son taux d’alcoolémie était du double de la limite légale. Il était vraiment furieux, car il avait réussi à cacher son arrestation à sa conjointe, mais là, elle l’avait apprise. Est-ce que j’étais réellement en faute? À vous d’en tirer vos conclusions.

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Sonia Lalonde
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Sonia Lalonde

Wow bravo belle article Steve, maintenant reste à voir si les gens vont comprendre que tu ne fait que ton travail et un excellent travail soit dit en passant.