Les avis publics: une question de transparence

Par Mario Pitre
Les avis publics: une question de transparence
Qui parmi vous, chers lecteurs, prendrez soin d’aller fouiller chaque semaine sur le site web de la Ville pour consulter les avis publics ? (Photo : Archives)

Ainsi, la Ville de Salaberry-de-Valleyfield souhaite emboîter le pas à d’autres municipalités de la Montérégie en choisissant de cesser de publier ses avis publics dans le journal local pour les inclure uniquement sur son site Internet.
Le conseil municipal a en effet adopté à son assemblée du 19 juin un avis de motion pour un éventuel règlement relatif aux modalités de publication des avis publics. La Ville souhaite ainsi profiter d’une des dispositions du projet de loi 122 adopté en décembre 2016 par le gouvernement Couillard. Une économie estimée entre 17 000 $ et 18 000 $ par année pour la Ville sur un budget de 79 M $, c’est-à-dire un gros 0,02% de son budget.
Cette mesure, qu’elle soit adoptée à Valleyfield, à Châteauguay ou d’autres municipalités, apparaît comme un pavé dans la mare pour les entreprises de presse régionales qui tirent principalement leurs revenus des ventes publicitaires et qui doivent faire face à une compétition de plus en plus forte des multiples plates-formes numériques. C’est d’ailleurs ce contexte qui a mené à la mise sur pied de la Coalition pour la pérennité de la presse d’information au Québec.
Par ailleurs, si la Ville consacre un budget à la publication d’avis publics dans le journal, celui-ci, en contrepartie, n’hésite pas à publier de l’information municipale qui, bien souvent, va au-delà de sa mission purement journalistique. C’est une relation donnant-donnant et une belle collaboration qui risque ainsi d’être sévèrement entachée.
Mais bien plus encore, que représente 0,02% du budget de la Ville face à la nécessité de transparence que doit maintenir celle-ci face à ses citoyens. Car, ne soyons pas dupes. Qui parmi vous, chers lecteurs, prendrez soin d’aller fouiller chaque semaine sur le site web de la Ville pour consulter les avis publics ? Alors que le Journal Saint-François est distribué gratuitement, chaque mercredi, de porte à porte.
«Les journaux locaux restent la meilleure façon d’informer les citoyens sur des modifications de zonage ou sur l’adoption d’un nouveau règlement, par exemple», estime notamment la Fédération professionnelle des journalistes. C’est souvent en lisant leur journal que les citoyens apprennent que la Ville autorise la construction d’un condo de plusieurs étages dans leur secteur; ou qu’elle a adopté un règlement d’emprunt de plusieurs millions pour un projet qui ne fait pas toujours l’unanimité.
Dans ces circonstances, peut-on vraiment parler d’une économie ?

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gaetan pregent
gaetan pregent
2 années

il ni a pas toute les personne qui as l ,intrenelle

Léo Gauthier &
Léo Gauthier &
2 années
Répondre à  gaetan pregent

Jai l’internet et jamais je vais sur le site de la ville et le site des assemblés de ville c’est a ni rien comprendre proposition numéro quelconque proposition par un tel appuyé par tel autre meci

raymond robitaille
raymond robitaille
2 années

Moi j’aime mieux dans le journal. Je le journal jusqu’a la fin et habituellement je commence par la fin parce que les avis publié m’intéressent. C’est dans les annonces que l’on trouvent beaucoup dIinformation concernant la ville ou commerce.

Yvon Boucher
Yvon Boucher
2 années

Très mauvaise décision de la part de la ville qui, au contraire, devrait faire la promotion d’une plus grande transparence comme gouvernement de proximité. La publication des avis publics dans le journal local est la meilleure garantie de transparence. À moins que l’objectif soit de cacher des choses aux contribuables!

Yvon Boucher, secteur St-Timothée

Éric Mathieu
Éric Mathieu
2 années

En ce qui concerne la présentation et le dépôt du projet du règlement 346 relatif aux modalités de publication des avis publics dans le journal Le St-François, je crois qu’il s’agit d’une attaque directe au processus démocratique, à la transparence, à l’intégrité des institutions publiques et je dirais même plus à la qualité de vie des citoyens.

D’un côté, le nouveau maire Miguel Lemieux et le conseil municipal veulent être à l’écoute des citoyens, stimuler la participation citoyenne dans la communauté, favoriser la transparence des institutions publiques tout en voulant réaliser ce qu’il appelle « l’alliance des générations ». Selon moi, il s’agit d’un slogan électoral plutôt abstrait et vide de sens dans le contexte actuel. Ceci dit, dans les faits, le projet de motion 346 fera en sorte que les avis publics ne seront plus diffusés dans le journal local c’est-à-dire ce que ceux-ci ne seront plus accessibles EN TOUT TEMPS et GRATUITEMENT à plus de 40 000 personnes dans la région. Par conséquent, en plus d’amputé le budget du journal d’une somme de 17 000 à 18 000 $ par année, la ville de Salaberry-de-Valleyfield restreint — pour des raisons soient disant financières – l’accès à des renseignements indispensables aux citoyens pour qu’ils puissent exercer convenablement leurs droits civiques, leurs libertés ainsi que défendre l’intérêt public contre le grenouillage d’une minorité de petits entrepreneurs véreux qui ont à cœur seulement leurs intérêts personnels ou professionnels. Tout cela pour dire que le Conseil de ville est en train de rassembler tous les ingrédients pour diviser la communauté, cultiver le cynisme envers la politique municipale ainsi que ses institutions. Sans compter qu’ils mettent en péril la survie de l’un des derniers organes de presse écrite accessible à TOUS les membres de la communauté. Et, après les élus ne comprennent pas pourquoi les citoyens les méprisent, boycottent les élections municipales et ne s’impliquent pas dans la revitalisation de leur quartier ainsi que leur communauté. Au bout du compte, on récolte, ce que l’on sème !