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Le CISSSMO et le syndicat n'arrivent pas au même temps supplémentaire obligatoire

mercredi le 13 octobre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 14 octobre 2021
Par Eric Tremblay

Les infirmières de l'urgence du Suroît ont utilisé le sit-in mardi pour réagir au manque de personnel. (Photo: Journal Saint-François - Archives)

Un autre sit-in des employés est survenu mardi soir à l’Hôpital du Suroît parce qu’il manquait le tiers des effectifs infirmiers à l’urgence. Le temps supplémentaire obligatoire (TSO) perdure et se comptabilise de façon différente par l’employeur et le syndicat.
«En 2021, jusqu’à présent, on compte 10 179,07 heures de temps supplémentaire obligatoire pour le personnel infirmier pour un total de 2055 740,66 d’heures travaillées, a répondu le Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Ouest. En pourcentage, le temps supplémentaire obligatoire représente 0,50 % de toutes les heures travaillées dans l’organisation.»
Mélanie Gignac, présidente du syndicat des infirmières de la Montérégie-Ouest a rapidement rejeté ces chiffres. «C’est le nombre d’heures supplémentaires obligatoires fait en deux mois à l’urgence», rétorque-t-elle.
Dans un article publié par La Presse le 13 octobre, le syndicat fait état de 300 000 heures de TSO dans la dernière année financière. Le CISSSMO revoit ce chiffre à la baisse et en note 196 000 dont 11 592 pour le personnel infirmier en 2020. «C’est difficile de distinguer le temps supplémentaire obligatoire du temps supplémentaire, affirme Mme Gignac. Des infirmières acceptent parfois le TSO en échange d’autres quarts de travail. Ça devient du temps supplémentaire. L’employeur préfère ne pas gonfler son chiffre de TSO. »
Sit-in mardi
Mardi, il manquait 5 infirmiers sur un total de 14 à l’urgence de l’Hôpital du Suroît. Un sit-in a eu lieu pendant quelques heures avant que les employés acceptent de retourner au travail.
«Les infirmières ont dit que l’employeur a utilisé la menace de faire appel au Tribunal administratif du travail, mentionne la présidente du syndicat. Ce n’est pas la première fois que c’est évoqué. Ça arrive quand il [l’employeur] ne sait plus quoi faire. Il l’a déjà fait dans le passé; j’ai plusieurs ordonnances sur mon bureau. »
Le 10 septembre 2020, le Tribunal administratif du travail avait jugé que le refus des infirmières de l’urgence de l’Hôpital du Suroît de fournir leur prestation de travail usuelle lors du quart de nuit comme un moyen de pression illégal. Il ordonnait aux membres du FIQ-Syndicat des Services professionnelles en soins en Montérégie-Ouest de s’abstenir de participer à toute cessation concertée de travail et demandait à la partie syndicale et à l’employeur de se rencontrer afin de trouver une solution au problème de manque de personnel.
Un an après la publication de ce document par le Tribunal administratif du travail, les infirmières utilisent toujours la stratégie du sit-in pour réagir au manque de personnel.
Horaire à la carte
Le manque de personnel n’est pas unique au CISSSMO. Les CISSS du Québec font face à un épuisement de la part de leurs employés. «On n’arrive pas à trouver un équilibre nulle part, ajoute Mme Gignac. Les employés, ça ne leur tente plus. M. Gribeauval [Philippe – nouvellement en poste comme PDG de la structure régionale de la santé], parle d’enlever les irritants pour que les employés soient heureux. »
Un projet d’autogestion de l’horaire, est étudié et pourrait entrer en vigueur prochainement. Il s’agit d’un horaire à la carte qui permettrait au personnel infirmier d’offrir des disponibilités selon ses capacités. 

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