L’hypocrisie à son paroxysme


Publié le 8 février 2017

La chanteuse Lady Gaga lors de sa performance lors du spectacle de la mi-temps au Super Bowl.

Je ne croyais jamais qu’un jour, j’allais défendre une artiste américaine comme Lady Gaga. La chanteuse qui s’est fait connaître avec son tube «Poker face» était la tête d’affiche lors de la pause du Super Bowl. Or, quelques internautes mal intentionnés se sont permis de se moquer du corps de Lady Gaga. On lui reproche son habillement qui laissait voir un minime bourrelet. Et oui, on est rendu là.

Ceci m’amène vraiment un goût amer en bouche. Maintenant, comment expliquer à nos filles qu’une des artistes les plus connues sur le globe est désormais attaquée sur son physique au point de créer une polémique? Qu’avec un poids de 120 livres, une partie de la société trouve déplacé qu’elle ait opté pour un vêtement qui laissait voir un ventre que la plupart des femmes rêvent d’avoir.

Combien de fois ai-je entendu des gens dénoncer le fait que sur les couvertures des magazines de mode, les mannequins avaient un look d’anorexique? Combien de fois peut-on lire dans les différentes tribunes que les entreprises devraient s’associer avec des femmes dites plus rondes puisque cela reflète la société. Que cela aiderait à l’acceptation des adolescentes qui éprouvent des difficultés avec leur apparence physique? Sommes-nous si hypocrites?

En agissant comme ils l’ont fait, les gens qui ont lancé les images de la chanteuse partout sur la twittosphère ont créé du tort à la génération de demain. Sans même le savoir, ils ont passé le message suivant; «Accepte-toi comme tu es, mais ne te montre pas comme tu es en public.» Après ce sera quoi? J’imagine que les auteurs de cette propagande sont finalistes au concours des abdominaux les plus développés sur la planète!

Il y a quelques années, le magazine Elle Québec innovait en présentant un mannequin de type taille plus sur sa page frontispice. Tous les lecteurs applaudissaient et il y a même des réseaux de télé qui ont fait la manchette avec cette nouvelle afin de souligner l’initiative. Mais aujourd'hui, voilà que nous vivons véritablement l’inverse.