Mission scientifique «historique» d’analyse de l’eau du fleuve

Mission scientifique «historique» d’analyse de l’eau du fleuve

Le navire de recherche Lampsilis s'est rendu jusque dans le lac Saint-François dans le cadre de cette étude.

Crédit photo : Gracieuseté Université du Québec à Trois-Rivières

Michel Thibault – Gravité Média

Une mission scientifique qualifiée d’«historique» est en cours afin d’étudier les impacts des rejets d’eaux usées et agricoles sur le fleuve Saint-Laurent.
Dans une première étape, le bateau de recherche Lampsilis de l’Université du Québec à Trois-Rivières a sillonné le cours d’eau pendant 12 jours. Une douzaine de professeurs/chercheurs et onze étudiants de diverses universités ont participé au périple de 1000 km, de Sainte-Anne-de-la-Pérade, située à 40 km à l’est de Trois-Rivières, jusqu’au lac Saint-François en passant par le lac Saint-Louis. Des organismes environnementaux ont aussi collaboré à la recherche.
Il s’agissait de la plus importante mission interuniversitaire du Lampsilis en 12 ans d’existence, a souligné François Guillemette, professeur au Département des sciences de l’environnement de l’UQTR et chef de mission, cité dans un communiqué de l’UQTR.
Coliformes fécaux, pesticides, médicaments et nutriments
Les chercheurs veulent mesurer dans le fleuve les rejets «anthropiques», soit les coliformes fécaux, pesticides, produits pharmaceutiques et nutriments «afin de connaître leur influence sur la détérioration des stocks de poissons et invertébrés, ainsi que sur la qualité de l’eau et du milieu aquatique en général», fait part l’UQTR dans un communiqué.
Les experts veulent notamment identifier les principaux points d’entrée des polluants, leur persistance dans l’eau et leur composition.
Analyse de données
François Guillemette a confirmé au journal Le Soleil de Châteauguay que la mission sur l’eau avait été complétée comme prévu. «Tout s’est bien déroulé et nous avons atteint nos objectifs en terme d’échantillonnage et de prise de données», a-t-il fait part.
La démarche en est cet automne à l’étape de l’analyse en laboratoire et du traitement des données. «On prévoit aussi la mise en place d’un groupe de travail au cours des prochains mois avec les différents acteurs scientifiques et locaux impliqués dans le projet», a indiqué M. Guillemette.
Qualité de l’eau du lac
Actuellement, beaucoup de gens nagent dans le lac Saint-Louis du côté de Châteauguay et Léry. Est-ce qu’on peut déjà penser que la qualité de l’eau est adéquate ou vaudrait-il mieux attendre les conclusions de la recherche pour s’y tremper ? «Je ne me mouillerai pas les pieds dans l’eau (!) pour le moment comme nos analyses sont toujours en cours, nous ne voulons pas transmettre un message erroné à la population, qu’il soit positif ou négatif. Mais on pourra certainement répondre à cette question au courant des prochains mois avec les données que nous avons récoltées», a exposé M. Guillemette.