Les syndiqués des services publics se préparent au pire

Les syndiqués des services publics se préparent au pire

Les représentants syndicaux Stéphanie Bougie

Devant l’imminence du dépôt du projet de Loi sur le pacte fiscal, la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP-CSN) lève les boucliers. La tournée du Québec s’est arrêtée à Valleyfield mercredi pour rappeler que la proposition faite en septembre dernier était inacceptable.

En septembre dernier, le gouvernement du Québec a ouvert une brèche aux municipalités. Ces derniers se sont vus proposer un pouvoir de négociation accrue en échange d’une compression de 300 M $ pour les quatre prochaines années.

«Pour nous, il s’agissait d’une déclaration de guerre lancée par le ministre Pierre Moreau à l’époque», indique Yvon Godin, vice-président de la FEESP-CSN. La récente mutation de Martin Coiteux au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire n’a pas atténué ses inquiétudes.

Les maires Denis Coderre et Régis Labeaume avaient salué la proposition cet automne. Tellement que la FEESP-CSN se demande si le Parti libéral n’est pas la marionnette des maires de Montréal et Québec.

«À peu près 20 % des maires du Québec ne désirent pas le pouvoir et préfèreraient le transfert, mentionne M. Godin. Le maire de Laval voit dans cette proposition la brisure de la paix industrielle. »

En soirée, les délégués syndicaux rencontraient leurs membres à Valleyfield dans une assemblée de mobilisation. «On demande à nos membres de s’afficher, indique M. Godin. Ce n’est pas vrai que l’on va accepter de subir une agression dans nos droits de travail. » La possibilité de débattre devant les tribunaux, comme dans le cadre de la Loi 15, n’est pas écartée.

Présidente du conseil central de la Montérégie à la CSN, Annette Herbeuval se questionne sur les impacts d’un tel pacte fiscal. Elle craint des hausses de taxes municipales et une diminution de la qualité des services.

Claude Dion, vice-président du secteur municipal, rappelle que les citoyens seront les premiers perdants d’une telle entente. «De quel droit on peut servir de cas d’espèce, se questionne-t-il. Les travailleurs ont le droit de se défendre de façon correcte et de négocier. »

En Montérégie, au moins 783 emplois sont touchés par ce projet de Loi.