«Chaque jeune qui décroche, chaque immigrant qu’on intègre mal représente une perte»

«Chaque jeune qui décroche, chaque immigrant qu’on intègre mal représente une perte»

Le pdg du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a livré une solide allocution devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Beauharnois-Valleyfield-Haut-Saint-Laurent.

Crédit photo : Journal Saint-François Pierre Langevin

Il est plutôt rare d’entendre le pdg d’une institution financière déclarer que les grands financiers doivent aussi s’occuper du «social». C’est pourtant l’avis de Guy Cormier, président et chef de direction du Mouvement des Caisses Desjardins.
M. Cormier a prononcé une conférence vivement applaudie lundi, devant les gens d’affaires de la Chambre de commerce et d’industrie Beauharnois-Valleyfield-Haut-Saint-Laurent réunis à l’Hôtel Plaza Valleyfield.
Rappelant les liens étroits qui ont toujours uni le Mouvement Desjardins et les communautés locales du Québec, le dirigeant s’est fait le promoteur d’une économie davantage inclusive. «J’ai personnellement une conviction profonde, dit-il. La conviction que l’économie et la société, ça fait partie d’un tout. Et que nous, les gens d’affaires, nous les financiers, on doit aussi s’occuper du social. On doit avoir d’autres objectifs que la seule recherche du profit.»
C’est dans cette optique qu’il a abordé la difficulté qu’éprouvent de nombreuses entreprises à recruter de la main-d’œuvre. Selon lui, tout n’a pas été fait collectivement pour permettre aux jeunes d’assurer la relève, ou encore pour accueillir et intégrer les immigrants.
«Chaque jeune qui décroche, chaque immigrant qu’on intègre mal représente une perte», soutient-il, tout en valorisant du même coup le maintien en emploi des travailleurs plus âgés et expérimentés.
On nous envie
Le grand patron des Caisses Desjardins s’est aussi montré optimiste à l’égard de l’économie de la région, qu’il a qualifiée de «véritable carrefour stratégique» en terme de transport routier, maritime et ferroviaire.
«Il n’y a pas grands milieux qui disposent de telles infrastructures. Bien des communautés vous envieraient cette intermodalité tout à fait exceptionnelle», assure-t-il, tout en notant le «vent de renouveau qui souffle sur le centre-ville de Salaberry-de-Valleyfield.»
Guy Cormier a également rappelé l’implication des caisses Desjardins dans de nombreux projets issus de la communauté, comme la coopérative de santé de Beauharnois, la réouverture du vieux canal et le développement du club CampiAgile, dont une courte vidéo a été présentée.
Notons que les caisses de la Rive-Sud de Montréal comptent investir 4,6 M$ cette année dans différents projets porteurs pour leur communauté.
Économie en croissance et le nuage Trump
L’homme d’affaires a par ailleurs salué la croissance que connaît actuellement l’économie québécoise avec un taux de chômage de 5,4 %, du jamais vu depuis 1976. Une croissance que Desjardins entrevoit encore pour 2018.
Malgré tout, les difficiles négociations de l’Accord de libre-échange et l’attitude protectionniste du gouvernement Trump font ombrage à cette bonne performance économique, selon lui. Il se dit néanmoins optimiste que les gens d’affaires et élus américains relèveront l’importance des liens économiques canado-américains.
M. Cormier a aussi rappelé l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, un marché de 500 millions de consommateurs, où Desjardins a établi une alliance avec une entreprise qui facilitera l’accompagnement des entrepreneurs québécois là-bas.

Guy Cormier commente sur:
L’achat en ligne
«C’est là pour rester, c’est ce que les gens recherchent. Il faut trouver une dynamique d’achat par laquelle le Québec sera branché.»
Les jeunes
«Le défi demeure de donner du sens à ce qu’on fait, les jeunes veulent sentir qu’ils ont un impact dans la société.»
Les facteurs à surveiller
«Le haut niveau d’endettement des ménages et les déséquilibres dans le marché immobilier au Canada sont à surveiller.»
Les négociations de l’ALENA
«On sait que les négociateurs canadiens et mexicains font face aux demandes plutôt drastiques des Américains. Et que le président peut décider, à tout moment, de tirer sur la plug