Sections

«L’humour, c’est très sérieux»

L’humoriste Sylvain Larocque rappelle que l’humour a sa place même en affaires


Publié le 4 mai 2017

L’humoriste Sylvain Larocque s’est avéré un conférencier pertinent et efficace devant son auditoire composé de gens d’affaires.

©TC Média Pierre Langevin

L’humour a sa place dans le monde des affaires selon l’humoriste Sylvain Larocque, où il peut devenir tantôt une arme, tantôt un allié.  

Conférencier le 3 mai devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Beauharnois-Valleyfield-Haut-Saint-Laurent, Larocque a capté leur attention d’un bout à l’autre. C’est d’ailleurs une des rares conférences où les convives ont posé autant de questions.

Sylvain Larocque admet qu'il affectionne l'humour grinçant.
TC Média Pierre Langevin

Le détenteur de 7 trophées Olivier et d’un prix Gémeaux a livré une intéressante présentation sur l’application de l’humour et du rire en milieu de travail. «Quand les choses vont bien en affaires, ça donne envire de rire et si les choses vont mal, ça donne envie de rire encore davantage», lance-t-il.

En ce sens, il présente le rire comme un antidépresseur, un remède, un lubrifiant social qui facilite les liens entre les personnes. «Si on pense à toutes les personnes qui ont été importantes dans notre vie, c’est souvent relié à des moments de rire», note-t-il.

En entreprise, le rire permet de cimenter l’esprit d’équipe et de raffermir la culture d’entreprise, en ce sens que l’information qui y est véhiculée demeure dans les souvenirs de l’équipe, parfois même après plusieurs années. Quelle entreprise n’a pas en mémoire de blagues ou d’anecdotes loufoques survenues lors d’un party des Fêtes ?

JF-04052017-larocque-sylvain
TC Média Pierre Langevin

Dans les moments difficiles, lorsqu’une mauvaise nouvelle doit être partagée, l’humour devient le miel qu’on mélange à une Aspirine pour mieux faire avaler la pilule. En fait, dans notre travail au quotidien, «on est efficace quand on n’a pas l’impression de travailler et l’humour favorise cela.»

Bien sûr, chacun ne dispose pas des mêmes facilités à faire de l’humour, à lancer de bonnes blagues. Néanmoins, le diplômé en marketing et management soulève quelques éléments qui, bien utilisés, sauront susciter des rires : l’autodérision (savoir rire de soi), l’élément de surprise, la nature humaine, l’exagération, les jeux de mots, ou encore dire tout haut ce tout le monde pense tout bas.

Mais attention prévient-il, même si on peut rire de n’importe quoi, on ne peut pas le faire n’importe comment et surtout n’importe quand. Les blagues entourant les attentats du 11 septembre 2001 ont mis quelque temps avant de devenir acceptables.

Et qu’arrive-t-il lorsque notre blague tombe à plat ? «C’est plate, mais il faut l’assumer, convenir qu’elle est effectivement plate ou trouver une façon de la retourner en sa faveur.»

Rappelons qu’outre sa propre carrière d’humoriste, Sylvain Larocque collabore aux spectacles de nombreux confrères, comme François Morency, Mario Jean, Laurent Paquin, Anthony Kavanagh, Jean-Michel Anctil et Philippe Bond. Un humoriste peut consacrer d’une à deux années à l’écriture d’un one man show, dit-il.

Lui-même a appris à être drôle dès son jeune âge, confie-t-il, pour compenser pour son œil croche et ses piètres qualités sportives. «C’est comme ça que j’ai rencontré ma première blonde, elle pensait que je regardais la fille à côté d’elle».