Une communauté autochtone s'installe à Beauharnois

43 personnes ont déjà adhéré au Mikinak de la Montérégie

Eric Tremblay eric.tremblay.a@tc.tc Publié le 11 janvier 2016

La chef de la communauté Mikinak de Beauharnois, Lise Brisebois, dit Canard Blanc, en compagnie du vice-chef, Richard Côté.

©(Photo TC Média - E.T.)

La communauté Mikinak de la Montérégie a vu le jour le mois dernier à Beauharnois. Déjà 43 personnes se sont inscrites afin de faire reconnaître leurs droits autochtones.

«On n'est pas un cercle religieux, prévient Lise Brisebois. Nous sommes spirituels, les Premières Nations nous savons comment prier en faisant brûler du tabac. Mais on veut aider les gens. Plusieurs se cherchent. Je suis fière d'être indienne, de mes racines et de mes valeurs. »

Cette résidente de Beauharnois, aussi appelée Canard Blanc, était jusqu'à récemment la chef de  la communauté de Wabashiship à Chertsey. Autochtone algonquine non reconnue de deuxième génération, elle se bat depuis 1979 afin d'être reconnue aux Affaires autochtones. Vers la fin de l'hiver dernier, on lui a proposé de mettre en place une communauté en Montérégie, le tout sous l'approbation de l'Honorable grand chef de la Confédération des Peuples Autochtones du Canada, Guillaume Carle.

Avec Richard Côté, résident de Saint-Étienne-de-Beauharnois rencontré lors d'une balade en Slingshot, ils ont commencé à entreprendre des démarches. Le 9 décembre, la communauté voyait le jour. Déjà 43 personnes se sont inscrites, seulement à partir du bouche-à-oreille. Ils viennent de la région, mais également de Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Jacques-le-Mineur, Papineauville, Sainte-Julie et du Lac Saint-Jean.

«J'ai des recettes médicinales pour guérir. Si j'ai une grippe, je fais bouillir du cèdre. Je ne suis pas un chaman, mais j'ai des recettes qui me viennent de ma grand-mère, témoigne Lise Brisebois. On nous a pris nos terres contre des miroirs et des fourchettes à l'époque. On ne veut pas que le gouvernement nous les redonne. On souhaite se faire respecter comme autochtone. »

Trois réunions par année

La communauté a pris le nom de Mikinak, ce qui désigne la tortue. «Elle représente la persévérance et la sagesse, mentionne la chef. C'est aussi un animal terre et mer, les éléments essentiels. »

Une communauté mise en place doit tenir trois réunions par année. Ses membres tiennent aussi diverses activités, comme la Journée nationale des autochtones le 21 juin. Ils ont aussi certains droits particuliers notamment pour la chasse et le pêche. L'exemption de taxes est aussi valide.

«Je demande toujours aux gens pourquoi ils veulent leur carte, souligne Canard Blanc. Quand ils me disent que c'est pour ne plus payer de taxes, je leur indique la porte. »

Les liens du sang

Pour joindre la communauté, il faut prouver que l'on est de descendance amérindienne. On peut utiliser un arbre généalogique ou un test d'ADN.

Le samedi 16 janvier, les 43 premiers inscrits vont recevoir leur carte qui reconnaît leurs droits autochtones. Lors de cette réunion dès 9 h à la salle François-Branchaud de Beauharnois, l'Honorable grand chef Guillaume Carle et Roger Fleury, chef des Autochtones hors réserve de Fort-Coulogne seront présents.

On s'attend à recevoir une centaine de personnes à cette rencontre. «Tout le monde veut nous rencontrer, ajoute Canard Blanc. On va aider beaucoup de monde. »

Avec la décision de la Cour suprême pour statuer sir les Métis et Amérindiens sans statut sont bien des «indiens» sous la responsabilité du gouvernement fédéral  attendue d'ici au mois de septembre, elle soutient que le timing est idéal pour vérifier ses racines et rejoindre la communauté.

Définition du terme «Autochtone» par le gouvernement du Canada
Le terme autochtone désigne les premiers peuples d'Amérique du Nord et leurs descendants. La Constitution canadienne reconnaît trois groupes de peuples autochtones: les Indiens (souvent appelé «Premières Nations»), les Métis et les Inuits. Ces trois groupes distincts ont leur propre histoire ainsi que leurs propres langues, pratiques culturelles et croyances. Selon l'Enqueête nationale auprès des ménages de 2011, près de 1,4 millions d'individus se sont identifiés comme Autochtones.
Confédération des peuples autochtones du Canada
La Confédération des Peuples Autochtones du Canada est le premier Gouvernement Autochtone hors-réserve national qui a pour but de représenter les droits fondamentaux et la culture des peuples Autochtones du Canada. (Source – Confédération des Peuples Autochtones du Canada)
Communauté autochtone
Groupe d’Autochtones dont les membres vivent ensemble, qu’ils aient ou non une assise territoriale (Source – Union des municipalités du Québec)

En manchette

Une communauté autochtone s'installe à Beauharnois

43 personnes ont déjà adhéré au Mikinak de la Montérégie

Eric Tremblay eric.tremblay.a@tc.tc Publié le 11 janvier 2016

La chef de la communauté Mikinak de Beauharnois, Lise Brisebois, dit Canard Blanc, en compagnie du vice-chef, Richard Côté.

©(Photo TC Média - E.T.)


La communauté Mikinak de la Montérégie a vu le jour le mois dernier à Beauharnois. Déjà 43 personnes se sont inscrites afin de faire reconnaître leurs droits autochtones.

«On n'est pas un cercle religieux, prévient Lise Brisebois. Nous sommes spirituels, les Premières Nations nous savons comment prier en faisant brûler du tabac. Mais on veut aider les gens. Plusieurs se cherchent. Je suis fière d'être indienne, de mes racines et de mes valeurs. »

Cette résidente de Beauharnois, aussi appelée Canard Blanc, était jusqu'à récemment la chef de  la communauté de Wabashiship à Chertsey. Autochtone algonquine non reconnue de deuxième génération, elle se bat depuis 1979 afin d'être reconnue aux Affaires autochtones. Vers la fin de l'hiver dernier, on lui a proposé de mettre en place une communauté en Montérégie, le tout sous l'approbation de l'Honorable grand chef de la Confédération des Peuples Autochtones du Canada, Guillaume Carle.

Avec Richard Côté, résident de Saint-Étienne-de-Beauharnois rencontré lors d'une balade en Slingshot, ils ont commencé à entreprendre des démarches. Le 9 décembre, la communauté voyait le jour. Déjà 43 personnes se sont inscrites, seulement à partir du bouche-à-oreille. Ils viennent de la région, mais également de Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Jacques-le-Mineur, Papineauville, Sainte-Julie et du Lac Saint-Jean.

«J'ai des recettes médicinales pour guérir. Si j'ai une grippe, je fais bouillir du cèdre. Je ne suis pas un chaman, mais j'ai des recettes qui me viennent de ma grand-mère, témoigne Lise Brisebois. On nous a pris nos terres contre des miroirs et des fourchettes à l'époque. On ne veut pas que le gouvernement nous les redonne. On souhaite se faire respecter comme autochtone. »

Trois réunions par année

La communauté a pris le nom de Mikinak, ce qui désigne la tortue. «Elle représente la persévérance et la sagesse, mentionne la chef. C'est aussi un animal terre et mer, les éléments essentiels. »

Une communauté mise en place doit tenir trois réunions par année. Ses membres tiennent aussi diverses activités, comme la Journée nationale des autochtones le 21 juin. Ils ont aussi certains droits particuliers notamment pour la chasse et le pêche. L'exemption de taxes est aussi valide.

«Je demande toujours aux gens pourquoi ils veulent leur carte, souligne Canard Blanc. Quand ils me disent que c'est pour ne plus payer de taxes, je leur indique la porte. »

Les liens du sang

Pour joindre la communauté, il faut prouver que l'on est de descendance amérindienne. On peut utiliser un arbre généalogique ou un test d'ADN.

Le samedi 16 janvier, les 43 premiers inscrits vont recevoir leur carte qui reconnaît leurs droits autochtones. Lors de cette réunion dès 9 h à la salle François-Branchaud de Beauharnois, l'Honorable grand chef Guillaume Carle et Roger Fleury, chef des Autochtones hors réserve de Fort-Coulogne seront présents.

On s'attend à recevoir une centaine de personnes à cette rencontre. «Tout le monde veut nous rencontrer, ajoute Canard Blanc. On va aider beaucoup de monde. »

Avec la décision de la Cour suprême pour statuer sir les Métis et Amérindiens sans statut sont bien des «indiens» sous la responsabilité du gouvernement fédéral  attendue d'ici au mois de septembre, elle soutient que le timing est idéal pour vérifier ses racines et rejoindre la communauté.

Définition du terme «Autochtone» par le gouvernement du Canada
Le terme autochtone désigne les premiers peuples d'Amérique du Nord et leurs descendants. La Constitution canadienne reconnaît trois groupes de peuples autochtones: les Indiens (souvent appelé «Premières Nations»), les Métis et les Inuits. Ces trois groupes distincts ont leur propre histoire ainsi que leurs propres langues, pratiques culturelles et croyances. Selon l'Enqueête nationale auprès des ménages de 2011, près de 1,4 millions d'individus se sont identifiés comme Autochtones.
Confédération des peuples autochtones du Canada
La Confédération des Peuples Autochtones du Canada est le premier Gouvernement Autochtone hors-réserve national qui a pour but de représenter les droits fondamentaux et la culture des peuples Autochtones du Canada. (Source – Confédération des Peuples Autochtones du Canada)
Communauté autochtone
Groupe d’Autochtones dont les membres vivent ensemble, qu’ils aient ou non une assise territoriale (Source – Union des municipalités du Québec)