Les 74 ans de Norbert Shink au service de son église

Les 74 ans de Norbert Shink au service de son église

Norbert Shink a passé 74 années de sa vie au service de la paroisse Sainte-Cécile.

Crédit photo : Journal Saint-François Pierre Langevin

Si le diocèse de Valleyfield célèbre son 125 anniversaire cette année, on constate, avec un certain étonnement, que Norbert Shink a consacré plus de la moitié de ces années à voir à ce que tout baigne dans l’huile à la basilique-cathédrale de Valleyfield.
Maintenant âgé de 89 ans, le sacristain a officiellement délaissé ses fonctions en juillet dernier, après 74 ans de service ininterrompu. Peu de gens peuvent témoigner d’une aussi longue longévité, surtout dans un travail où le bénévolat occupe une grande place.
Embauché en 1943 par le curé Amyot, alors qu’il n’avait que 15 ans, Norbert Shink a eu l’occasion de servir sous plusieurs évêques dans sa carrière, de Mgr Alfred Langlois à Mgr Noël Simard, en passant par Mgr Percival Caza, Mgr Guy Bélanger, Mgr Robert Lebel et Mgr Luc Cyr. C’est sans compter les nombreux curés de la paroisse Sainte-Cécile, incluant les chanoines Montpetit et Beaudin et le futur cardinal Paul-Émile Léger.
Il va sans dire que M. Shink a effectué de multiples tâches tout au long de ces années. Il a d’abord assuré l’entretien et le bon fonctionnement des activités qui avaient lieu au sous-sol de la cathédrale. Il faut se rappeler que pendant plusieurs années, cet endroit constituait un lieu de prédilection pour pratiquer diverses activités de loisir : gymnastique, quilles, billard, hockey intérieur, entre autres. Plusieurs de ces activités se déroulaient sous l’égide des Zouaves pontificaux.
M. Shink voyait ainsi à la gestion du snack-bar et au nettoyage de la salle après la tenue de divers rassemblements. Tout cela en parallèle avec son travail régulier à la Montreal Cotton, d’où il a pris sa retraite en 1983.
Témoin privilégié
Avec discrétion et humilité, le sacristain a surtout assuré le bon déroulement des activités de nature religieuse de la paroisse, en s’occupant de préparer les ornements et vases liturgiques, l’éclairage, le soutien sonore, recueillir les offrandes, et ce, tant lors des messes régulières que les messes spéciales de Noël, de Pâques, les mariages, les funérailles, les Vêpres.

Le sacristain a effectué mille et une tâche à l’intérieur de la basilique-cathédrale.

«La seule chose que je n’ai pas faite, c’est de dire la messe, résume l’octogénaire. Pour moi, ça a toujours été un bonheur de faire ce travail…c’était un travail que j’aimais.»
M. Shink a même chanté comme soliste lors de diverses célébrations, sans toutefois avoir jamais chanté le fameux Minuit chrétien. «J’étais trop occupé à autres choses ces soirs-là», note-t-il.
Il dit néanmoins garder en mémoire certains événements qui ont marqué l’histoire diocésaine, notamment la cérémonie ayant consacré la basilique-cathédrale de Valleyfield en 1991, la messe télévisée en présence de l’Orchestre Symphonique de Montréal, ou les funérailles du député Serge Marcil.
Il aura cependant été marqué profondément par l’incendie qui a ravagé en partie la basilique-cathédrale le 4 septembre 2002. «J’étais chez moi lorsqu’on m’a informé qu’un incendie s’était déclaré. De la fenêtre, je voyais la fumée qui s’en échappait, mais je n’y suis pas allé tout de suite, c’était trop prenant pour moi», raconte-t-il.
Ce n’est qu’après plusieurs jours que le sacristain est allé constater les dégâts, pour ensuite contribuer à remettre la paroisse sur ses rails.
Homme de peu de mots, Norbert Shink a vécu les dernières années fastes de la vie diocésaine. Difficile de résumer 74 ans de vie dans un article. Mais même si les fidèles sont aujourd’hui moins nombreux et que sa santé ait toujours été bonne, il demeure que les années ont laissé leurs marques et qu’il peut se permettre une douce retraite.